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Comme étudiant, il m'est arrivé de m'ennuyer en amphi, comptant alors sur la lecture attentive du polycopié pour comprendre la ou les notions du jour. 
Du coup, j’ai tendance à me demander à quoi pense mes étudiants pendant que je leur parle. Pour tenter d'éviter que leur esprit ne vagabonde trop, j’utilise depuis plusieurs années des boîtiers de réponses qui stimulent les interactions lors de mes quelques séances en amphi.

La première idée était de me rendre compte de l’état de réception de mon discours : avec une question simple il est souvent possible de repérer si l’auditoire a dans l’ensemble assimilé, ou non,  l’essentiel de ce qu’il a entendu.  D’abord j’explique, puis j’interroge et ensuite je commente les réponses. En fait l’intérêt principal de la démarche est d’augmenter la qualité de l’attention de l’auditoire : un étudiant qui sait qu’il va être interrogé, même de manière anonyme, est sans doute davantage motivé pour écouter et comprendre.  

La deuxième idée a ensuite été de poser une question avant de donner la moindre explication, dans le but d’adapter mon discours aux réponses données. J’ai alors fait le constat que mon discours n’évoluait guère, que les réponses ne m’influençaient qu’à la marge. Par contre, la qualité d’attention était au moins aussi bonne que dans le cas précédent. Le simple fait de cliquer pour répondre semble être une forme d’engagement personnel suffisant pour provoquer une écoute attentive. 

La troisième idée est venue d’une contrainte : 150 boîtiers disponibles pour environ 600 étudiants présents cela pousse à grouper les étudiants par 4. Je me suis alors inspiré de la méthode que pratiquait Lamine Brahim  à Jussieu. Dans la version originale, il s’agit de travailler en plusieurs temps : le prof pose une question sur le cours étudié en amont à la maison, les étudiants répondent d’abord individuellement, puis discutent entre eux et répondent à nouveau. Après avoir en général constaté une évolution positive importante des réponses, l’enseignant apporte enfin les apports théoriques qui éclairent la situation. Dans mon intervention portant sur les aspects juridiques du C2i, j’ai simplement demandé (à un quart des participants) un avis individuel pour constater des réponses partagées à environ 50/50. Après discussion et vote par groupes de 4, la proportion est passée à 80/20 et les explications furent rapides. 

Dans les 3 cas, ce qui est important c’est l’engagement de l’étudiant. Il suffit de poser régulièrement une question, de provoquer une action individuelle (un simple clic !) de chaque étudiant pour obtenir une implication, une motivation, qui améliore la qualité de l’écoute

  

Ce billet est repris du blog onef.fr
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photo de Éric Guichaoua



Dernière modification le lundi, 20 avril 2015
Marchand Thierry

Enseignant de mathématiques en collège, puis formateur Tice, j’enseigne maintenant dans l’enseignement supérieur, pour développer les compétences numériques. Je participe à la conception, la mise en place et l’animation de plusieurs MOOC .

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