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Karine Godin-Tremblay est enseignante de 1re année à l’école St-David à St-David-de-Falardeau, au Saguenay. Elle est aussi ma collègue, comme tous les enseignants avec qui j’ai la chance de travailler dans mon école Twitter. Suite à la vidéoconférence vécue entre sa classe et la mienne, nous avons convenu d’écrire ce billet à quatre mains. Voici donc sa vision du projet auquel elle participait pour la première fois.
 
Brigitte Léonard

NOTRE MÉDAILLE D’OR

Vous avez regardé les Jeux Olympiques ? Vous avez vu tous ces sportifs, le regard rempli d’espoir ? Derrière ces yeux brillants de fierté se reflètent tous les efforts, les heures d’entraînement, le temps discipliné, l’énergie dépensée, la douleur même, parfois. Une participation aux Jeux, c’est une chance incroyable de faire valoir son talent, d’avoir une reconnaissance certaine de sa valeur et d’utiliser toute sa motivation et son potentiel dans un seul but précis : gagner.
 
Vivre l’aventure du Petit Chaperon Rouge 2.0, ce marathon d’écriture collaboratif, avec des élèves de 1re année, c’est tout comme des Jeux Olympiques “pédagogiques”, auxquels j’ai eu le privilège de contribuer. Vous comprendrez pourquoi.
Premièrement, on a eu la chance immense d’être choisis pour faire partie de l’une des 13 classes participantes à travers la francophonie. Pour mon petit village de St-David-de-Falardeau au Saguenay, cela veut dire collaborer avec des profs et des jeunes provenant des quatre coins du Québec, mais aussi du Nouveau-Brunswick, de la France, de la Suisse et de l’Angleterre ! Assez Olympique !
 
Deuxièmement, c’est un projet d’envergure. Il regroupe pas moins de 300 élèves de 1er cycle. C’est en plus un projet novateur qui nous fera entendre plus de 300 voix chantant “Promenons-nous dans les bois” grâce aux outils technologiques. Trois cents jeunes suivant attentivement, dès le départ, le déroulement de ce défi, attendant que le relais arrive jusqu’à eux. Assez Olympique merci !
 
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Sélection d’albums lus en classe

En attendant ce moment, les élèves s’entraînent. Ils “tweetent” pour partager ce qu’ils font en classe : la lecture du classique “Chaperon Rouge”, par exemple, et tous les dérivés réinventés : du “Chapeau rond rouge” de Geoffroy de Pennart, jusqu’au “Et pourquoi ?” de Michel Van Zeveren, en passant par “Les vacances du Petit Chaperon rouge” de Johanne Gagné. Ils “tweetent”, montrant des photos, des vidéos, du stopmotion, des marionnettes, tous, illustrant le Petit Chaperon Rouge et ses fidèles amis, de différentes manières.
 
Capture-dE280d4a-c042fLe loup déguisé en Mère-Grand


Car l’entraînement passe aussi par les arts dramatiques lorsque les jeunes sortent leurs déguisements, peluches et accessoires pour se mettre dans la peau de… Ce jeu qui leur permet de comprendre de manière plus approfondie tous les détails de cette histoire prenant une tournure tout à fait différente du conte qu’ils connaissent déjà, les aide à saisir la structure d’un récit. Mais où tout cela va-t-il les mener ? On ne sait pas. La seule chose qu’on sait, c’est que le plaisir s’installe en maître. Chaque matin, on ouvre le document partagé sur le TNI et on attend. On attend que les premières lettres s’écrivent et que l’aventure se continue. On écrit nos prédictions, nos questions, nos réactions.
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Certains écrivent leurs idées, d’autres les dessinent.

Et on continue notre entraînement. On dessine, on lit, on fait autres choses aussi. On fait tout ce qu’on doit faire en 1re année : sciences, univers social, mathématique, arts, musique, anglais, évaluations… C’est drôle comme le prof a le chic pour faire parler le Chaperon Rouge dans toutes ces disciplines… Ou bien elle mélange toutes les disciplines dans le Chaperon Rouge ? Tout ce qu’on sait, c’est que les enfants préfèrent de plus en plus demeurer à l’intérieur lors de la récréation… Encore un dessin à compléter… Un peu de couleur à ajouter… Un livre à pratiquer pour l’enregistrement sur le blogue de classe… Une autre production écrite à fignoler…Oui, oui ! Même les garçons !
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On écrit sur le thème. On cherche des images et on les insère dans nos productions.

Et puis, une fin de journée où on n’a pu suivre l’évolution du récit, on clique, comme ça, pour voir… AArrgh ! -Les élèves, c’est notre tour ! Demain !!! Les yeux ronds des élèves montraient leur état de surprise et d’excitation à la fois. Demain, soyez prêts, on n’écrit rien de moins que la FIN. Et tout le monde le sait. C’est écrit sur Twitter !
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Petit Chaperon Rouge, le Loup, le dragon…


On a tout relu depuis le début pour se mettre dans l’ambiance. On a “joué” l’histoire en même temps. En équipe, les élèves ont trouvé des idées pour notre fin. Qu’allions-nous faire du loup ? On savait que tous attendaient de savoir quel sort on lui réserverait. On a écrit toutes les idées. On a débattu certains points qui pouvaient nous aider à mieux choisir. On a ensuite voté. Et on a écrit ensemble. Voilà comment s’est passé ce moment tant attendu dans notre classe. Ce moment de notre marathon où tous les yeux étaient dirigés et guettaient notre performance. Je pense qu’ils n’ont pas été déçus de notre finale assez originale. J’ai été soulagée et complètement ébahie par la créativité et l’originalité de mes élèves de 6 ans. Comme quoi, il faut toujours leur faire confiance…
Dès le dernier mot complété, nous étions prêts à rencontrer la classe des élèves de Brigitte Léonard, à Mont-Tremblant, d’où toute cette aventure a commencé. C’était comme irréel. À peine avions-nous repris notre souffle qu’on rencontrait ces autres enfants, quelques-uns de ceux qui avaient, tout comme nous, suivi ce marathon, réalisé cet entraînement à la lecture et à l’écriture, ceux qui, jour après jour, attendaient eux aussi LA SUITE ! Tandis que quelques braves se présentaient et appréciaient des moments de l’histoire sur “Skype”, la secrétaire de notre école a frappé à la porte. Une grand-mère venait de porter un panier tout spécial aux élèves de notre classe. Que contenait-il ? Le devinerez-vous ?
Des galettes. Enveloppées dans une nappe de coton carreautée.
Incrédulité. Excitation. Béatitude.
Quand la cloche a sonné, ce matin-là, j’ai vu dans les yeux de mes élèves la fierté et les efforts récompensés. Motivation à son apogée. La hâte de tout raconter sur l’heure du dîner.
J’ai vu une médaille d’or. Notre médaille d’or, obtenue par le travail de chacun, où qu’il soit dans le monde, portant le flambeau au suivant pour terminer la course sur le podium. Si c’est pas des Jeux Olympiques ça ?!

 Karine Godin-Tremblay

Première partie à lire ici. 
Dernière modification le mercredi, 19 novembre 2014
Léonard Brigitte

Je suis enseignante de 1er cycle au niveau primaire. Passionnée surtout par les enfants, je tente d’offrir à chacun la chance de s’exprimer et de vivre des expériences d’apprentissage et de création authentiques à l’école, à l’aide des outils technologiques. 

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