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Sciences et data pour un développement de l’écologie humaine. Usages en pédagogie et défis éthiques : Avec le développement des dispositifs numériques et de l’Intelligence Artificielle, l’écosystème numérique nous inscrit dans un univers de reconfiguration des possibles où les innovations plurielles peuvent s’appréhender par des prismes différentiels et antagonistes. La variable durabilité nous fait comprendre cela aussi.

Catherine Pascal, « Contemporanéité et Intelligence artificielle », Communication, technologies et développement [En ligne], 11 | 2022, mis en ligne le 15 février 2022- URL : http://journals.openedition.org/ctd/6803 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.6803

Notre contribution propose d’aborder la question de la durabilité en innovation numérique et plus particulièrement les formations et expertises concernant les sciences et data et les usages en développement de l’écologie humaine.

Les défis éthiques seront questionnés. Les problématiques de data, en contexte de crise sanitaire exigent de nous une prise de responsabilités multiples. Ces nouvelles formes de phénoménalités en connaissances, en cultures, en expertises et en engagements sont des processus entendus ici comme formes de construction d’une réalité hybride qui engagent formateurs et étudiants face aux dispositifs numériques.

Alors que la littératie souvent idéologique et technicienne sur le développement durable n’aborde pas souvent les usages innovants de L’Intelligence Artificielle, nous développerons ici un angle d’évolution en co-construction créatif et singulier, en prenant en compte par exemple les écarts ou risques possibles entre le droit à la science (écologie humaine incluse avec discussion sur une modernité autre envisagée) et le droit à la connaissance, sous questionnements validés par les pairs, ceci dans un contexte où les big, small et open data sont prégnantes, par exemple en tourisme avec les data et la gouvernance orchestrée par l’OCDE.

Texte intégral

1. Avec le développement des dispositifs numériques et de l’Intelligence Artificielle, l’écosystème numérique nous inscrit dans un univers de reconfiguration permanente où les innovations plurielles peuvent s’appréhender par des prismes différentiels et antagonistes.

2. La variable durabilité nous fait comprendre cela aussi. Nous la croisons ici avec celle des datas visibles dans le secteur tourisme, et plus particulièrement en formation au tourisme : datas, intentions et idéologies se confrontent. Ces contradictions explicites révèlent un implicite composé de nouvelles formes de phénomènes sensibles en médiatisation des sciences et plus particulièrement en sciences humaines et sociales.

3. Notre objet est d’appréhender, dans ce texte, une approche contemporaine concernant l’Intelligence Artificielle. Le droit à la science en tant que savoir évolutif peut rentrer en collision avec le droit et le désir à la connaissance sachant que la prégnance des données et métadonnées sous logiques métriques est plus qu’influente.

4. D’où ici notre principal questionnement : comment apporter une démarche critique sur l’impact et l’influence des données et métadonnées dans le secteur du tourisme quand il est question de durabilité autant humaine qu’environnementale.

5. Expertises, connaissances, cultures, savoirs et médiatisations sont à questionner autrement, sous le prisme de l’Intelligence Artificielle.

Territoires et expériences de connaissances et savoirs (Big, small et open data en questions.)

Connaissances, savoirs et calculs

6. Alors que la littératie souvent idéologique et technicienne sur le développement durable n’aborde pas souvent les usages innovants de L’Intelligence Artificielle, nous développerons ici un angle d’évolution créatif et singulier, en prenant en compte par exemple les écarts ou risques possibles entre le droit à la science en tant que savoir évolutif (écologie humaine incluse avec discussion sur une modernité autre envisagée), le droit à la connaissance, sous questionnements validés par les pairs et la prégnance des données et métadonnées constituant des logiques métriques influentes.

7. Ces nouvelles formes de phénoménalités en connaissances et en engagements sont des processus entendus ici comme formes de construction d’une réalité culturelle hybride engageant l’homme face aux datas et dispositifs numériques de manière singulière.

8. De fait, en situation de risques territoriaux et de protections sanitaires les données sont nombreuses et plurielles sous formes numériques comme physiques.

9. Les scientifiques peuvent mobiliser ces datas, mais si elles constituent un atout, elles sont aussi une charge en raison de l’écosystème qu’elles engendrent en personnes, en pratiques, en techniques, en technologies, en organisations. Ces datas sont des structures infra et supra en mouvement permanent, car elles véhiculent objets-matières et relations.

10. Leurs fluctuations fortes se révèlent dans les parties prenantes, les politiques et les jeux de pouvoirs.

11. Ces data recomposées en savoirs et connaissances sont utilisées comme interprétations stables ou éphémères, de fait elles créent une communication savante très complexe.

Pratiques par porosités de typologies de connaissances, cultures et savoirs.

12. Former jeunes et moins jeunes à des recherches scientifiques en risques environnementaux et sanitaires est un des enjeux primordiaux contemporains.

13. S’interroger sur la formation à donner en numérique et durabilité nécessite de croiser des approches théoriques transversales : approches constructivistes (Piaget) et socio-constructiviste (Vygotsky, Piaget, Doise, Clermont-Perret)1.

  • 2 Savan D. (1980) La séméiotique de Charles S. Peirce

14. Les approches sur la complexité (Prigogine I., Stengers I., (1979), et les approches sur la convergence (H. Jenkins, 2012) et les approches sémiotiques de la tiercéité (Pierce)2 ne sont pas non plus à écarter.

15. Si ce croisement se révèle transversal et transdiciplinaire il incarne de fait la problématique même de la médiatisation des savoirs. L’impact des plateformes telles que Instagram, Pinterest, TikTok, Twitch produisent des formes particulières de médias, mais permettent aussi par les biais algorithmiques une mise en forme de nos vies. Car ces types de structuration formalisent informations et connaissances.

16. Deuze l’a théorisé dés 2011 : « As media become pervasive and ubiquitous, forming the building blocks for our constant remix of the categories of everyday life (the public and the private, the local and the global, the individual and the collective), they become invisible – in the sense that, as Friedrich Kittler suggests, we become blind to that which shapes our lives the most. I propose that the key challenge of communication and media studies in the 21st century is, or will be, the disappearance of media. This is not a renewed claim for the kind of soft techno-determinism espoused in the work of Marshall McLuhan and Manuel Castells .(Stalder, 2006: 153). The increasing invisibility of media is exemplified by their disappearing from consciousness when used intensely by their logic of immediacy (Bolter and Grusin, 1996) », Deuze, 2011, p.137.

17. En complément, cette médiatisation est puissante, car elle englobe technologies et cultures : ce processus selon Jeanneret crée des changements forts qui doivent être examinés en ce qui concerne les relations entre objets et pratiques d’aujourd’hui, (Jeanneret, 2011.)

18. Ces approches théoriques, de type théorie critique, développées par Y Jeanneret de 2008 à 2019 dans Penser la trivialité : la vie triviale des êtres culturels / La fabrique de la trace … sont prégnantes dès lors, car liées à l’ importance du cosmotechnique, elles révèlent l’uniformité due à une mondialisation accrue. Et pourtant en effet paradoxal, ceci ne fait que souligner une technodiversité primordiale à poser.

19. Un dialogue interculturel est nécessaire, car il permet un potentiel déconolisateur. Ceci est finement discuté par l’auteur Yuk Hui, dans La question de la technique en Chine : Essai de cosmotechnique, (Yuk Hui, 2019)

20. Ceci nous oblige à repenser la Communication comme « interaction médiatisée par des objets», ceci en lien avec la « circulation de la culture ».

21. Un design renouvelé autour de l’« Etre culturel », de par son « activité communicationnelle » autre pourrait engager autrement l’économie politique et l’industrialisation de la communication.

22. Si les sciences mathématiques nous apportent logique et validation par le nombre elles nous révèlent aussi, par leur subtilité, l’importance du contrôle, de l’ancrage factuel et d’un nécessaire besoin d’équité.

23. Notre approche critique, ici, va se poursuivre sur l’impact de l’Intelligence Artificielle dans la médiatisation de l’éducation à la durabilité de jeunes et de moins jeunes, justement sous double influence des cultures et flux médiatiques et des datas en tant que biais cognitifs et psychologiques par l’ influence des chiffres dans le domaine économique.

Datas et logiques métriques

24. Pourquoi s’interroger sur les données ? Qu’est-ce qu’une donnée ?

Les données : de la donnée aux biais psychologiques et cognitifs

25. Voici la définition nominale du mot anglais data (donnée) dans l’Oxford English dictionary : sens 1 : information, sens 2 informations surtout numériques utilisées à des fins de références , d’analyse ou de calcul 

26. Et pourtant ce terme présente une richesse et une variété de possibles en épistémique et ontologie. Car admettre qu’un phénomène puisse être traité comme une donnée est en soi un acte scientifique.

27. Dans cet article, nous traitons plus spécifiquement des données scientifiques et de leur utilisation par les usagers . De fait la data est certes définie par son contenu utilitaire, économiquement parlant, mais aussi par sa valeur d’usage (Rebouillat, 2019.)

28. Dans sa thèse concernant « L’ Ouverture des données de la recherche : de la vision politique aux pratiques des chercheurs », Violaine Rebouillat précise :

29. « La diversité des propos tenus témoigne de la relativité des perceptions. La valeur de la donnée dépend de l’utilisation qui en est faite. On qualifiera cette valeur de « valeur d’usage ». Un bien est défini comme valeur d'usage lorsqu’il est considéré dans un rapport d'utilité. Il peut avoir une valeur d’usage pour nous-mêmes ou pour autrui. Autrement dit, c’est l’utilisateur, par la consommation du bien, qui lui confère une valeur d’usage. Ce concept a été étudié par l'économiste Anne Mayère dans le domaine de l'information (Mayère 1990, chapitre III). L'objectif de cette chercheuse est de sortir l'information du statut économique de marchandise, en définissant sa valeur d’usage selon un critère d’utilité – l'information s'intègrant toujours dans un processus déterminé par les événements ou les décisions de l'utilisateur »:, (Rebouillat, 2019 : 176, Quatrième partie - Les données dans les pratiques de recherche.)

30. Si l'Intelligence Artificielle provient du raisonnement logique et de l'action programmée, un méta processus est à l’œuvre qui lie appropriations et potentialités. Car l’ intelligence de l’homme pose l’action en responsabilisation et implémentation des biais cognitifs en genres, en représentations et en sens.

31. Quand la célèbre mathématicienne Catherine O Neil, nous prévient dés 2016, dans son ouvrage original, Weapons of Math destruction. How Big Data Increases Inequality and Threatens Democracy , (Cathy O’Neil, 2018/2016) que les calculs peuvent être en effet biaisés par l’homme et son inconscient qualifiable de collectif, nous comprenons mieux ce que l’auteure entend par « biais cognitifs et psychologiques ». Le titre français, Algorithmes. La bombe à retardement révèle encore plus la mise en risques de ces processus.

32. Nous savons évidemment que nos usages sur internet sont tracés et utilisés pour mieux nous conforter voire nous orienter vers des achats confirmés ou pas. Ce processus psychologique d’attente de confirmation supplémentaire est nommé « biais de confirmation ». Cathy O’Neil conforte son approche par les disciplines de neuropsychologie : « En psychologie, le « biais de confirmation » désigne le processus cognitif qui pousse un individu à privilégier les informations qui viennent confirmer des convictions ou hypothèses préexistantes, et rejeter celles qui pourraient les contredire », ceci est tiré d’une note de l’auteure Cathy O’Neil, 2018/2016 : 42.

33. Ces biais psychologiques s’ajoutent aux dits biais cognitifs bien connus dans les constructions de modèles codés en informatique et en numérique. Ces dites confirmations psychologiques sont complémentaires aux effets des angles morts d’un modèle soulignant le plus souvent les jugements et les priorités en formes, genres et valeurs de ses concepteurs : « Lorsqu’on crée un modèle, il faut tout d’abord choisir les données que l’on trouve pertinentes pour l’alimenter. Ce faisant, nous simplifions donc le monde réel à une sorte de modèle réduit facile à comprendre, et dont on déduit des actions et des faits essentiels. Nous attendons de ce modèle qu’il accomplisse une seule et unique tâche et nous nous résignons au fait qu’il puisse agir de temps à autre comme une machine désorientée, comportant d’importants angles morts. » ceci est extrait du même ouvrage de Cathy O’Neil, 2018/2016 : 39.

34. Cette approche critique nous paraît essentielle, à une époque où justement l’OCDE propose, au niveau mondial une harmonisation en responsabilités sociales, financières (fiscalités) pour certaines multinationales concernées (GAFAM /acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft parfois également nommées les Big Five ; et aussi pour « The Five » ou NATU sigle du même acabit qui juxtapose les initiales des quatre entreprises américaines du Web soient Netflix, Airbnb, Tesla et Uber.

Cas étudié : Open Data, OCDE et territoires. : approches chiffrées en questions

35. Nous proposons ici une courte synthèse historique sur l’édition en accès ouvert qui remonte à la déclaration de Budapest en 2002, suite aux expériences d’édition électronique des années 1970 (Budapest Open Access Initiative , 2002.)

36. A la suite de cela, l’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique a marqué et codifié les principes de l’accès aux données de la recherche issue de financements publics (OCDE, 2007).

37. Certes, l’accès ouvert est une réponse à la marchandisation des ressources informationnelles, il crée des possibles changements de politiques dans les secteurs de la propriété intellectuelle et de l’économie de l’information en raison d’une masse importante de données fournies.

38. Ces nouveaux marchés ouvrant de nombreux enjeux économiques créent de nombreux défis en actionnalités humaines. Car déplacer des données scientifiques ou autres, met en équilibre sécurité, droits, protection personnelle et territoriale, mais aussi interopérabilité et maîtrise politique. Ceci nous entraîne à réfléchir sur non seulement les cultures médiatisées en tant que formes plurielles, mais aussi sur les obstacles que créent ces cultures informationnelles non maîtrisées par des populations peu enclines ou peu autorisées à débattre sur les réalités objectives de certaines organisations numériques au pouvoir mondial et hégémonique.

39. En effet, de nouveaux modes de vies entraînent de nouvelles formes de mises en connaissances et donc des formes sociales de partage qui sont encore à explorer, (Jenkins, 2012).

40. En raison de tout cela, il nous importe de former et de travailler en interdisciplinarités pour appréhender au mieux éthique et déontologies (Besse, Castets-Renard, Garivier 2017) en pratiques numériques, (Tricot 2020.)

41. Dans la partie 3, nous tenterons de montrer comment transformer ceci en pragmatique pédagogique, afin d’apporter au mieux une réponse critique face à cette gouvernementalité algorithmique.

Immersion et conséquences en pratiques de formation et idéologies : approches critiques.

42. Former à une culture scientifique est un enjeu essentiel pour poser démocratie et citoyenneté, car cette question engage les chercheurs et permet de mieux faire comprendre les défis actuels d’une formation adaptée au fait que le citoyen ne peut être expert en tout .

43. Les scientifiques par la spécialisation accrue de leurs disciplines ne peuvent pas être non plus experts en tout domaine, d’où la nécessité de favoriser, en université, l’apprentissage à des méthodes de recherche, à des mises en problématiques par des débats de groupe où connaissances et savoirs se construisent pas à pas. La culture scientifique se doit d’être partagée et pourtant le partage est loin d’être aisé.

44. Les réseaux sociaux avivent les conflits d’intérêts et les radicalisations de pensées, de ce fait, les débats scientifiques et les débats démocratiques ne peuvent que se penser conjointement.

45. Seule une intelligence dite collective et composite peut aider à faire évoluer les connaissances, sans cesse soumises à des évolutions d’approches.

46. Une expression collective raisonnée et créative de chaque communauté scientifique compétente sur un sujet donné est primordiale afin de dépasser la somme d’interventions individuelles chaotiques.

3.1 Objet d’études. Sciences et cultures : ambiguïtés.

47. Qu’est ce que les Sciences de l’Information et de la Communication peuvent apporter à cet objet en construction qu’est une science certes accessible aux citoyens, mais surtout déclinée pour apporter des réponses en valeurs et en cohérences démocratiques.

48. Est-ce possible que la recherche scientifique et les experts ou médiateurs puissent créer un débat démocratique tout en assurant la confiance, l’honnêteté intellectuelle et la mise en discussion des recherches et résultats ?

49. Ceci nous nous amène, en tant qu’enseignante-chercheure à questionner toutes les ambiguïtés de l’écologisme contemporain, (Charbonnier, 2015).

50. L’opposition nette entre technique et nature ne peut être opérante à l’heure actuelle. Certes, la compréhension de l’écologisme diffère en pays, continents et histoires, (Guha R. (2000).

51. En ce qui concerne l’Europe, dans son article, sur Ellul : « Jacques Ellul ou l’écologie contre la modernité », Pierre Charbonnier tend par une analyse historique et critique de dépasser une mise en contradiction nette pour arriver à une prise en considération de notre lien au vivant tout en assurant débat, délibération et ajustement avec toute altérité ( technique comprise ).

52. Nous retenons, pour notre propos, la référence que cet auteur fait à Bruno Latour, approche que nous percevons comme essentielle : « Nous empruntons à Bruno Latour cette distinction entre une critique asymétrique, opposant vérités « faites » et vérités «trouvées», et une critique visant à symétriser des opérations de pensée homogènes – tout en ne supposant pas qu’elles se valent nécessairement. Voir, de cet auteur, Sur le culte moderne des dieux faitiches, La Découverte, Paris, 2009 ». (Charbonnier 2015, note de l’auteur, p.18 réf. Note 38).

53. Bruno Latour revendique, en effet, face aux enjeux contemporains une posture claire. L’humain est responsable de ses relations avec toute autre créature ou actant de ce monde. Comme, pour cet auteur et bien d’autres aussi, nous sommes dans l’Ere de l’anthropocène, Age des humains où d’autres alliances politiques et sociales sont à poser, de façon urgente et radicale, (Latour B. (2017).

3.2 Terrains et immersion d’étudiants : co-constructions méthodologiques et formes sociales en questionnements

54. Des innovations sociétales et sociales n ‘existeront que si un croisement entre enjeux publics, politiques et communs arriveront à se concrétiser.

55. Ceci nous a entraîné à proposer une approche épistémique transversale pour la formation en TI LEA 3, exposée précédemment en Journées internationales EUTIC 2018 : Tourisme et agilités : représentation et participation en terrains complexes. Pour une autre actionnabilité collective en formation proposée : reconfiguration numérique. Pascal C., (2018)

56. Nous poursuivons ici l’exploration de cette actionnabilité pédagogique.

57. Cette année particulièrement, nous avons travaillé en équipe pluridisciplinaire, avec nos étudiants LEA, Licence 3 sur des questions de patrimoine immatériel et durable, UNESCO qui entraîne de nouveaux types d’engagements entre savoirs, cultures, connaissances universelles, expériences et pratiques locales.

58. Ces perspectives du patrimoine immatériel : savoirs et connaissances en question sollicitent par exemple des approches critiques sur les idéologies en cours de la science ouverte concernant la durabilité et le développement (Unesco et Open Science, Projet réflexif, chantier 2020-2021).

59. Les chantiers en cours, soutenus par l’UNESCO et les chaires UNESCO ont pu servir de socles de références.

60. Une méthode critique de recherche avec débats contradictoires sous formes de workshops a été développée et a été amplifiée par l’obligation de travailler à distance en orchestrant libertés, contraintes et créativités rendues obligatoires pour chacun des acteurs : étudiants et enseignants. Des aides concernant la mise en questionnement contradictoire ont été primordiales pour permettre en premier, le repérage des thèmes de savoirs qualifiables d’ « ouverts » sur la durabilité, l’économie afin de concrétiser une mise en communication.

61. Une nécessaire balance a été posée entre attitudes, informations et interprétations ceci en lien avec un cadrage réflexif sur la relation à la vérité, au pouvoir et à l’éthique. Cet apprentissage d’un engagement en pensée raisonnée et en éthique est soumis à une mise en agilité qui peut être constante et contradictoire avec les différents acteurs, institutionnels, organisationnels et habitants locaux. Cette dynamique pourra créer d’autres actionnabilités en durabilité et en pensée-action d’écologie politique sous forme participative et coopérative, (Houllier, 2016 et Houllier et al., 2017.)

62. La crise sanitaire vécue nous contraint à poser un regard plus réflexif sur l’importance à donner au temps surtout pour permettre une autre construction du Savoir à partir des connaissances soumises au chaos et à l’évolution, Antigone Mouchtouris, sociologue souligne l’importance du Kairos en tant que temps humain de mise en constructions de relations humaines et de relations autres au Savoir, (Mouchtouris, 2021).

63. « Dans notre monde contemporain, c’est le philosophe Cornelius Castoriadis qui a réactualisé et réhabilité le Kairos. Pour lui, c’est le temps de l’action ; il lui a donné une dimension politique et sociale, celle de l’action et de l’acteur qui agit dans le présent. Que peut-on retenir d’original et de fécond dans ses écrits ? Les rapports de l’être humain avec le temps de l’action transformatrice. Il considère également le Kairos comme un élément dans la décision et dans l’action. Son approche donne aussi une réponse au temps historique qui a traversé deux siècles et qui, au nom de l’histoire, a engendré des crimes et servi d’argument pour justifier les institutions. » (Mouchtouris, 2021 : https://connaissance.hypotheses.org/​186).

64. En effet, ces enjeux scientifiques, politiques et éthiques méritent d’être questionnés entre partage, concertation, participation, expérience et engagement d’acteurs différents en rôles et cultures, ceci avant d’envisager un Espace commun ou Espace public qui nous permettrait de passer de la Techné au Corps Social, (Pascal C., 2019).

65. « Y aura-t-il un après Covid : Y’ aura un avant et un après Covid19 ? En matière d’éducation, il s’agit désormais de former les élèves à faire face à des crises environnementales par nature imprévisibles. La catastrophe que nous vivons actuellement pourrait modifier nos manières de considérer l’éducation et nous encourager à développer des éducations au bien commun, “vraiment” engagées, et à la construction collective de l’adaptation pour une résilience pour tous. » A.- F. Gibert, (2020).

Bibliographie

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Unesco et Open Science, Projet réflexif, chantier 2020-2021, https://en.unesco.org/science-sustainable-future/open-science, consulté le 20 mai 2021.

Notes

1http://ll.univ-poitiers.fr/dime-serveur/theories-apprentissage/socioconstructivisme/

2 Savan D. (1980) La séméiotique de Charles S. Peirce

Pour citer cet article

Référence électronique

Catherine Pascal, « Contemporanéité et Intelligence artificielle », Communication, technologies et développement [En ligne], 11 | 2022, mis en ligne le 15 février 2022- URL : http://journals.openedition.org/ctd/6803 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ctd.6803

Catherine Pascal

Université Bordeaux Montaigne/MICA, (EA 4426), Axe ICIN, Information, Connaissance, Innovation, Numérique

Dernière modification le lundi, 28 mars 2022
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