fil-educavox-color1

Margarida ROMERO et Thérèse LAFERRIÈRE du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) de l'Université Laval analysent les limites des approches techno-centrées.

Article publié par Margarida Romero sur le site vitrine technologie-éducation (Québec)

L’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation a engendré des espoirs infondés et donné lieu à certaines innovations technologiques sans fondement pédagogique. Si certains usages pédagogiques des TIC permettent un apprentissage amélioré par la technologie (Laferrière et al, 2014), d’autres placent la personne apprenante  dans une situation de consommation passive ou guère interactive. Dans cet article, nous analysons les limites des approches techno-centrées dans le processus d’intégration des TIC et introduisons une démarche réflexive basée sur une approche qui vise l’amélioration des apprentissages. Cette approche peut être qualifiée de socioconstructiviste, participative et inclusive alors qu’elle accompagne les enseignantes dans leur processus d’intégration des TIC dans le contexte qui est le leur. La démarche réflexive proposée introduit cinq niveaux d’usages des technologies : la consommation passive, la consommation interactive, la création de contenu, la cocréation de contenu et, en dernier lieu, la cocréation participative de connaissances orientée vers la compréhension ou la résolution de problèmes partagés par la classe conçue comme une communauté d’apprentissage.

Introduction

L’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation a engendré des faux espoirs et des mythes autour de leur potentiel pour améliorer la motivation et les apprentissages des élèves (Amadieu & Tricot, 2014). L’intégration des TIC en éducation a également conduit à une dissension entre les « techno-enthousiastes », soit des personnes spontanément et hardiment favorables à l’intégration des technologies en éducation, et les « technophobes » qui s’y opposent pour des raisons pédagogiques, de manque de ressources ou d’aversion plus ou moins importante envers l’innovation (Selwin, 2004).

Cette dissension est basée sur une vision techno-centrée qui attribue aux technologies des effets éducatifs sans prendre en considération l’ensemble des composantes de la situation d’apprentissage ni l’analyse de l’activité. Or, nous devons situer la notion d’usage pédagogique des TIC dans son contexte. Ainsi, l’analyse des effets des TIC sur le processus et les résultats d’apprentissage doit prendre en considération des facteurs multiples au niveau individuel (l’apprenante, l’enseignante), interpersonnel (apprenante-apprenante, apprenante-enseignante, groupe-classe-enseignante) et social (communauté éducative) des différentes composantes de la situation d’apprentissage.

Avant d’introduire les cinq niveaux d’usages pédagogiques des TIC, nous pointons dans la prochaine section certaines limites d’une analyse centrée sur la technologie.

Accès à l'article : http://www.vteducation.org/fr/articles/collaboration-avec-les-technologies/usages-pedagogiques-des-tic-de-la-consommation-a-la
Auteur : Margarida Romero.

Dernière modification le dimanche, 17 avril 2016
An@é

L’association, fondée en 1996, à l’initiative de la création d’Educavox en 2010, en assure de manière bénévole la veille et la ligne éditoriale, publie articles et reportages, crée des événements, valorise les innovations, alimente des débats entre les différents acteurs de l’éducation sur l’évolution des pratiques éducatives, sociales et culturelles à l’ère du numérique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.