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Tous les enseignants se préparaient psychologiquement à une rentrée bien particulière et nous réalisons au fil des jours que l’école entre dans une autre dimension … Déjà bien éprouvés par le confinement et le déconfinement, les enseignants qui ont réussi à se ressourcer pendant les vacances d’été, se sont remotivés pour repartir plein d’idées et d’ondes positives en cette rentrée 202O. Année dont nous nous souviendrons. 

Nous avons une pensée très forte pour tous les directeurs et toutes les directrices qui doivent gérer en plus de leurs charges et responsabilités quotidiennes, les directives à suivre dans cette période covid. Ceux qui bénéficient de peu de jours de décharge doivent faire preuve d’un moral d’acier et d’un agenda à rallonge pour répondre :

 

  • aux réponses des collègues 

  • aux questions multiples des parents

  • aux enquêtes de début d’année

  • à la préparation des élections de parents d’élèves

et au milieu de tout cela, faire passer les évaluations nationales de début d’année, tout en mettant en route leur classe.  

Revenons à cet accueil de début d’année des élèves et des parents, notamment en maternelle.

Tout d’abord, de nombreuses écoles n’ont pas pu accueillir en juin les nouveaux parents pour prendre un premier contact avec l’équipe pédagogique, faire visiter l’école et se familiariser avec cet univers dans lequel leur enfant va évoluer, parfois bien éloigné de celui de la maison. 

Donc, dès le 1er septembre, masqués, enseignants et parents ont fait la rentrée scolaire avec des consignes très strictes et un protocole (présenté comme allégé) mais comment l’école peut-elle accueillir les 3 ans dans de bonnes conditions ? Les parents ont été autorisés à accompagner leur enfant jusqu’à leur classe durant une semaine (délai variable suivant les circonscriptions et les départements, c’est déjà bien mais pour certains parents et enfants, cette période d’adaptation semble bien insuffisante et frustrante ; la séparation est parfois difficile et les enseignants en sont évidemment bien désolés.

Le vocabulaire au quotidien à l’école n’est plus le même ; nous parlons de brassage, cas contact, protocole, gestes barrières…. les projets de classe et d ‘école ne semblent plus être dans les priorités. Les goûters d’anniversaire en classe ne sont pas encouragés pour de multiples raisons, les sorties plus d’actualité, les rencontres sportives en suspens… comment se projeter sur une année et mettre en place un projet d’école cohérent, permettant de dynamiser une équipe et de développer des compétences chez nos élèves.

L’école souffre comme notre économie de cette période. Nous pensons fortement à cette génération d’élèves, génération sacrifiée et à cette génération de nouveaux enseignants qui surnagent entre la formation parfois tronquée et leur positionnement sur le terrain.

Seule notre foi dans ce métier, nous sauvera de ce marasme social et économique.

Le numérique nous permettra et nous l’avons expérimenté au printemps dernier de garder un lien précieux avec nos élèves et leurs parents.

Mais là aussi, il y aurait beaucoup à dire. Toutes les familles n’ont pas un équipement suffisant, ni un emploi du temps à rallonge pour suivre et aider leur enfant au quotidien. Ainsi, nous constatons ce que nous anticipions au mois de juin, des écarts encore plus grands entre les élèves. Plus « de ventre mou » dans la classe, mais vraiment un suivi personnalisé pour chaque élève et ceci dès la maternelle…

Nous sommes abreuvés de messages de nos syndicats pour mettre en place différentes actions ; et silence radio depuis la rentrée sur la manière de démarrer l’année (mis à part la circulaire de rentrée). Les évaluations nationales ont été maintenues mais est-ce raisonnable ; les enseignants et les élèves sont-ils prêts à les faire passer ou à les passer, tout en moins, pensent-ils qu’elles pourront les éclairer et les aider à mettre en place un projet d’enseignement pour chacun de leurs élèves, nous pouvons en douter…

Nous remplissons avec beaucoup de professionnalisme notre cahier journal chaque semaine en n’oubliant pas que du jour au lendemain, l’école dans le premier degré « en live » peut s’arrêter et nous nous préparons à d’éventuels changements à savoir l’école entièrement à distance pour des mois non définis. Entre temps, nous nous proposons pour encadrer les stages de réussite pendant les vacances. Voilà, le quotidien des enseignants à qui nous donnons peu la parole et qui auraient tant de choses à dire…

Bon courage à tous et à toutes…

Dernière modification le mardi, 29 septembre 2020
Storti Sylvie

PEMF, Enseignant Référent aux Usages du Numérique (ERUN) en Lot-et-Garonne, Sylvie Storti est également membre du Conseil d’Administration de l’An@é.

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