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Il est intéressant d’observer les approches de la formation en entreprise dont les techniques intègrent une autre vision de l’apprentissage avec notamment l’apprentissge dans l’action, les techniques collaboratives et les apprentissages en réseau.
 
Marc Dennery sur le blog "Formation en entreprise" animé par C-Campus écrivait dans un article de 2013 : 
Pour une autre vision de l’apprentissage : la pollinisation des savoirs

A côté, d’autres formes d’apprentissage sont mises en oeuvre : apprentissage en réseau, apprentissage collaboratif, apprentissage dans l’action… Tous ces apprentissages ont en commun de remettre au coeur du processus pédagogique l’apprenant. Chacun devient à la fois émetteur / récepteur de savoirs. En tant qu’équipier, j’apprends de mes co-équipiers et en même temps je les aide à acquérir de nouvelles connaissances. De même, au coeur d’un réseau virtuel ou réel, je donne et reçois des informations. Dans l’action, j’apprends en agissant et grâce aux feed back de mon environnement (clients, fournisseurs, confrères…) et je peux aussi apporter mes connaissances et en faire bénéficier mes équipiers.
Ces apprentissages dits informels reposent sur une logique de pollinisation. Reprenant l’image du monde végétal, on peut dire que les grains de savoir circulent d’agents de savoir à agents de savoir, comme des grains de pollen vont de plante en plante. Les agents de savoir peuvent être des apprenants eux-mêmes (les collaborateurs au sein d’une entreprise ou à l’extérieur), mais également des bases de ressources pédagogiques (wiki, réseaux sociaux d’entreprise…).

Comme il existe des insectes pollinisateurs, certains équipiers peuvent jouer un rôle plus ou moins important dans la pollinisation des savoirs. Ces “équipiers pollinisateurs“ ne sont pas toujours les plus experts."
 
Il propose par un article du 3 avril 2014 :
 
18 techniques pour apprendre au sein d’une équipe : Les apprentissages collaboratifs
 
Nous avons vu dans un post précédent, 6 premières techniques d’apprentissage dans l’action. Nous présentons dans ce post, 6 nouvelles techniques pour apprendre au sein d’une équipe. Elles ont comme point commun de favoriser les apprentissages entre pairs. Deux par deux pour les quatre premières techniques et à plusieurs pour les deux dernières.
 
Les techniques d’apprentissage entre pairs ou collaboratifs
Tutorat, mentorat, parrainage et binôme de compétences sont des termes utilisés dans les entreprises sans définition précise. Afin de clarifier les fonctions de ces 4 techniques d’apprentissage nous proposons de les définir en fonction des types de savoirs acquis et du profil des acteurs impliqués dans l’apprentissage.
 
Le tutorat
Nous conservons cette appellation uniquement pour désigner l’apprentissage entre un “tuteur expérimenté“ ou un “maître d’apprentissage“ dans le cadre d’un contrat alterné : contrat de professionnalisation, d’apprentissage, de génération, d’avenir et préparation opérationnelle à l’emploi (POE). Nous le lions donc à l’aspect instituionnalisé de ce type de parcours de formation.
Dans ce cadre, le tutorat permet de transférer à la fois des savoirs et savoir-faire techniques ou métiers (apprendre à souder, à faire un bilan comptable ou à gérer une campagne de communication) et des savoir-faire et savoir-être relationnels (intégrer la culture et les valeurs de l’entreprise et du métier).
L’efficacité du tutorat dépend évidemment des compétences du tuteur lui-même mais ce n’est pas suffisant. Le tuteur est de fait aujourd’hui de plus en plus intégré dans une équipe tutorale. C’est l’éco-système tutoral qui devient déterminant. Tuteur référent, tuteurs de terrain et nouvel embauché doivent agir en synergie afin que les apprentissages se fassent dans les deux sens : du tuteur vers le nouvel embauché, mais également du nouvel embauché vers le tuteur et les autres membres de l’équipe (“tutorat inversé“).
 
Le mentorat
Le mentorat se limite au transfert de connaissances et compétences techniques d’un expert ou d’un sachant vers un apprenant. Les savoir-faire et savoir-être relationnels ne font pas l’objet d’apprentissage au sein d’un mentorat. Le mentorat, tel que nous le définissons, est très utilisé dans les entreprises de haute technicité (industrie et service à haute valeur ajoutée, conseil, formation…).
Le mentorat fait l’objet de politique RH dans le cadre de plans seniors en vue de capitaliser les compétences sensibles au moment des départs massifs à la retraite.
 
Le parrainage
Le parrainage est l’inverse du mentorat. Il permet de transférer des savoir-faire et savoir-être relationnels. Il est très pratiqué dans les entreprises embauchant beaucoup de jeunes diplômés. Chacun d’entre eux est alors parrainé par un cadre expérimenté en vue de lui transférer les valeurs du métier et de l’entreprise.
Le parrainage ne peut fonctionner que lorsqu’il est réellement encadré. Les parrains doivent être officiellement missionnés et si possible préparé. Un tiers doit suivre l’évolution du parrainage et intervenir si la relation de confiance entre parrain et parrainé tarde à s’établir.
 
Le binôme de compétences
Dans un binôme de compétences, il n’y a pas de différence de niveau entre les deux personnes impliquées. Il n’y a plus un sachant et un apprenant, mais deux apprenants qui travaillent en doublon sur la même tâche. Le binôme de compétences peut être réalisé avec deux nouveaux entrants ou deux personnes expérimentés souhaitant partager leurs façons de faire. On est proche du co-coaching utilisé en suivi de formation. Le binôme de compétences est très utilisé dans les entreprises où la continuité du service est indispensable.
La réunion de partage d’expérience
La réunion de partage d’expérience poursuit les mêmes finalités que le binôme de compétences. La différence se situe dans l’approche collective et non plus seulement à deux. La réussite d’une réunion de partage d’expérience passe par une préparation rigoureuse (choix d’un thème précis et des participants – groupe favorisant l’hétérogénéité, préparation par les participants, organisation matérielle soignée – outils de mapping…) et une animation structurée. Ce n’est pas le café du commerce où chacun explique comment il s’y prend, mais une analyse comparative, allant dans le détail des meilleures façons de pratiquer.
 
La revue des pairs
Très utilisée dans la gestion de projet ou la création d’entreprise, la revue des pairs consiste pour unepersonne ayant un projet sensible à le tester auprès de collègues ou partenaires afin de recueillir leur avis et leurs suggestions d’amélioration. Il revient à la personne bénéficiaire de la revue des pairs de bien choisir ses invités. Dans ce cas également, l’hétérogénéité est une condition de réussite. Le regard extérieur de personnes ne connaissant pas le sujet peut être tout aussi utile que celui d’experts maîtrisant parfaitement le domaine.
Dans un prochain post nous présenterons, 6 dernières techniques, toutes centrées sur le réseautage.
 
Marc Dennery
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Dernière modification le mardi, 18 novembre 2014
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