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Ancien Recteur, Jean Marc Monteil est docteur en sciences psychologiques et sociales (1978) et docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines (1982).Il est chargé depuis mars 2015, sur proposition de Najat Vallaud Belkacem, d'une mission sur la politique numérique pour l'Education nationale, par le Premier Ministre Manuel Valls.

Il a accepté cet entretien à l'occasion du lancement de l'appel à projets e-FRAN "espaces de formation, de recherche et d'animation numériques" soutenu par le Programme d'Investissements d'Avenir à hauteur de 30 millions d'euros, et conçu dans le cadre de la mission confiée au Recteur Monteil.
Mais pourquoi une mission sur le numérique dans l'Education nationale ?

« Il faut faire en sorte que l'Education nationale soit en mesure de répondre à l'entrée des nouvelles générations dans la société numérique dans laquelle on est entré. » précise Jean Marc MONTEIL .Il faut appréhender les enjeux de ce nouvel univers numérique qui « s'inscrit dans une véritable révolution technologique » et permettre que notre appareil de formation anticipe cette prise de conscience.

Deux objectifs essentiels sont assignés à la mission Monteil :

Premier objectif : partager une culture commune sur ce nouvel univers qui s'offre à nous.
« Qu'on le regrette ou qu'on le souhaite, c'est une réalité, c'est un fait... »
On est dans une révolution numérique, une révolution de société. On est en train de changer de paradigme ; il faut réagir de façon urgente car on a d'abord la nécessité d'avoir une lucidité de nos comportements. Il faut essayer de s'y adapter pour, dans le meilleur des cas, faire en sorte qu'on puisse s'en servir comme un instrument de promotion, d'autonomie, de développement personnel »
Cette révolution de société touche tous les secteurs et plus immédiatement certains d'entre eux.

" C'est une révolution dans le domaine de la santé, c'est une révolution dans le domaine des organisations ..".

L'organisation du travail est modifié : comment va se calculer le temps de travail si on n'a plus la même unité de lieu ou de temps ?

Pour l'Economiste Daniel COHEN " tous les emplois qui sont construits sur des activités répétitives sont menacés "

« C'est une vraie réalité, confirme Jean Marc MONTEIL , car, c'est aussi une révolution dans le domaine du secteur tertiaire. Avec le Big Data, et la capacité de réunir des données de provenance plurielle et de pouvoir les traiter massivement, (...) les cols blancs d'aujourd'hui vont probablement être dans une situation qu'ont connu les cols bleus à l'époque de l'automatisation dans l'industrie. »

Simplement on le sait ! Cela doit permettre de gérer la phase de transition et l'émergence de nouveaux emplois.

Deuxième objectif : le numérique s'est introduit partout. Comment le faire entrer dans l'école ?

La question essentielle reste bien : " comment peut-on utiliser le numérique pour faire en sorte que l'ensemble des potentialités de chacun puissent être développées "?
Pour le Recteur Monteil, " on ne peut véritablement répondre aujourd'hui quant à l'efficacité du numérique sur les apprentissages "

Il faut selon lui " appréhender le numérique comme un outil à qualifier " à travers toutes les expériences qui existent déjà sur le terrain, " et traiter cela de façon scientifique et rigoureuse. "
La recherche dispose ici d'un très large champ d'investigation comme par exemple sur l'impact du Big data en pédagogie : "aujourd'hui on stocke de l'information ailleurs, il y a une externalisation des mémoires, quelles sont les conséquences sur les pratiques d'enseignement ? "

Hypothèse de départ : il faut approprier, apprivoiser, utiliser, instrumentaliser cet outil aux fins d'amélioration de nos objectifs d'enseignement et de formation
Comment penser dans l'éducation nationale la formation des ingénieurs, des techniciens, des cadres, des opérateurs ... ?
"La réflexion s'impose aujourd'hui sur la formation de base à faire partager par tout le monde pour équiper demain des métiers nouveaux ouverts par le numérique. "

Claude TRAN

Dernière modification le mardi, 14 novembre 2017
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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