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Des jeux, des ressources, BrainPop présenté aux Boussoles du numérique
Parler, c’est une action, quand on parle on est dans le « faire », on s’implique.
D’ailleurs, la/les définitions du mot « parler » englobe(nt) l’action du corps dans son ensemble : organes de phonation, bras, reste du corps selon le mode d’expression ; ce que l’on à dire et comment on veut le dire, et du cerveau, dans sa dimension psychologique.

 Parler, c’est aussi l’interaction entre moi-même, mon histoire ; ce qui fait de moi ce que je suis, mon niveau de compétence langagière, et l’autre, les autres. L’autre, cet autre que moi, constitué de sa culture, son histoire et ses compétences langagières également.
 

L’enfant acquiert de sa naissance à son entrée à l’école, des capacités lexicales et syntaxiques propres à son environnement familial et collectif.

 
Celles-ci sont enrichies par des apprentissages qui vont être plus structurés à l’école. En devenant élève, l’enfant change son rapport à cette langue qu’il aura alors côtoyé jusqu’ici. A l’école, l’enfant va étudier précisément la fonction des mots, leur usage : il va étudier la langue dans un sens scientifique : il va faire de la linguistique. 
 
La somme de ces deux processus d’apprentissage du langage fera son niveau de compétence langagière, celui-ci évoluant au fil de ses expériences personnelles et scolaires, puis plus tard professionnelles.
Parallèlement à cette acquisition-apprentissage de la langue française, dès le CP, il est prévu dans les textes l’apprentissage d’une langue vivante. Généralement, il s’agit de l’anglais (54 heures par an en primaire – 4h à 3h par semaine au collège pour une LV1 + 3h pour une LV2 en 4ème et 3ème). 
 
Cette approche d’une langue vivante seconde se fait de manière très structurée, scientifique, puisque l’enfant l’aborde à l’école, en tant qu’élève. Il apprend donc avec son enseignant et ses camarades de classe, ses pairs, dans la classe (à la maison aussi via les devoirs). 
D’ailleurs, selon Véronique BOIRON : « La classe est un lieu unique pour apprendre à parler-penser, comprendre, réfléchir, savoir, questionner, pour parler-penser ensemble et se développer comme des êtres pensants qui savent qu’ils pensent, dans quel but, et comment ils pensent (relations de soi à soi, de soi à autrui et d’autrui à soi). »
 
L’avènement du pédagogique numérique a modifié la dimension de la classe, permettant aux enseignants de communiquer avec d’autres classes dans le monde entier, et d’utiliser des outils personnalisés aux compétences des élèves. Le numérique permet aussi de repousser les limites de la classe, et pourquoi pas d’échanger avec des camarades à l’autre bout de la planète en dehors des heures de cours.
 
Cela change considérablement le rapport aux pairs dans l’apprentissage d’une langue vivante étrangère. Cela modifie donc l’interaction entre le moi et l’autre que moi.
 
Pour apprendre une langue, il faut impérativement cette interactivité, cet échange. Il faut parler. Il faut s’activer. Il faut s’impliquer. Les outils numériques permettent de multiplier le temps de parole des élèves. Autrefois (à mon époque…) il était compliqué de faire parler tous les élèves lors d’une séance, voire d’une semaine. Quand on parlait, c’était au mieux quelques minutes.
 
Combien de minutes, d’heures, un élève parle dans son contexte scolaire aujourd’hui ? Plus qu’hier, bien moins que demain ?
 

De la nécessité d’outils impliquants et personnalisés

Une étude de cas particulièrement intéressante permet de démontrer l’aspect indispensable de la motivation. « L’acquisition scolaire d’une langue étrangère vue dans la perspective de la théorie de l’activité : une étude de cas » par James P. Lantolf et Patricia B. Genung http://aile.revues.org/280

 
La motivation, c’est cette notion qui contient toutes celles-ci :raisons d’étudier et objectifs d’apprentissages, interaction avec les pairs, avec le maître-expert, activités.
 
Pour progresser, il faut la maintenir. C’est compliqué. 

 

Présentation d’une ressource : Brain POP ESL

 
BrainPOP ESL est une ressource qui permet d’impliquer, de suivre l’évolution de l’élève, de l’accompagner dans l’apprentissage de la langue seconde, en parallèle de l’apprentissage de sa langue première.
 
Les activités sont variées, et l’apprentissage est basé sur les actions suivantes : écouter, parler, lire, écrire.
 
Commencer par des exercices simples pour donner confiance en soi, des activités ludiques pour prolonger l’envie. Chaque jeu est différent afin de favoriser la réflexion tout au long de l’apprentissage.
 
Vous y trouverez une partie dédiées aux élèves, une partie pour les enseignants, des propositions d’utilisation des ressources selon plusieurs scénarii, selon la configuration de la classe (outils, disposition), du niveau des élèves. Des exercices, écrits, oraux, « manuels » : placer des groupes de mots dans les bonnes boîtes, répondre à des questions selon plusieurs propositions pour aider les personnages à progresser sur leur plateau, par exemple.
Bref, aimer comprendre pour aimer apprendre.
 
 
ANNEXES :
 
Exemples de définitions :
« I. 1. User de la faculté du langage ; proférer, prononcer, articuler des mots.
2. Exprimer sa pensée en usant du langage articulé, en proférant, en prononçant une suite de mots.
II. 1. S’exprimer dans une langue déterminée. »
Académie Française
« Parler, c’est communiquer avec d’autres locuteurs selon un système défini appartenant à une communauté linguistique particulière (langue). »
Linguistique et Sciences du langage, Septembre 2007, Larousse.
 
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Les cinq compétences langagières utilisées dans l’enseignement des langues vivantes :
 
Grille d’évaluation des compétences langagières :
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Enseignement de la langue vivantes seconde dans le programme scolaire français :
CP et CE
 
À la fin de la grande section de l’école maternelle, l’élève a largement accru son vocabulaire. Il est capable de s’exprimer, d’écouter et de prendre la parole. Il comprend un récit quand il est lu par un adulte. Il distingue clairement les sonorités de la langue et les signes graphiques qui les représentent à l’écrit.
 
Au cours préparatoire, l’apprentissage de la lecture passe par le décodage et l’identification des mots, par l’acquisition progressive des connaissances et compétences nécessaires à la compréhension des textes. Les apprentissages de la lecture et de l’écriture, qu’il s’agisse des mots, des phrases, des textes, menés de pair, se renforcent mutuellement tout au long du cycle. Ces apprentissages s’appuient sur la pratique orale du langage et sur l’acquisition du vocabulaire. Ils s’accompagnent d’une première initiation à la grammaire et à l’orthographe.
 
CE2 à CM
Faire accéder tous les élèves à la maîtrise de la langue française, à une expression précise et claire à l’oral comme à l’écrit, relève d’abord de l’enseignement du français. Cela engage aussi toutes les disciplines : les sciences, les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’éducation physique et les arts.
 
La progression dans la maîtrise de la langue française se fait selon un programme de lecture et d’écriture, de vocabulaire, de grammaire, et d’orthographe. Un programme de littérature vient soutenir l’autonomie en lecture et en écriture des élèves.
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Regard sur les théories d’acquisition du langage : milieu familial, milieu scolaire, langage de scolarisation, bilinguismes, Véronique Boiron, 2010, ife.ens-lyon.fr/formation-formateurs/catalogue...2010/.../v.boiron.pptle 4/02/2010, IUFM d’Aquitaine /LACES, Bordeaux 4
INRP-Lyon
 
« Le langage, qu’est-ce que c’est ?
• Une activité humaine profondémentintellectuelle qui transforme le rapport à soi, au monde, aux autres…
• Une machine à penser…
• Une activité qui ne s’arrête jamais !
• Langage intériorisé et images mentales : quand je me parle à moi-même, je pense, je réfléchis, je comprends, je lis, je rêve… (pas de trace visible de cette forme de langage)
· Langage extériorisé : quand je parle, je note, j’écris… (il existe des traces)
 
Le langage a une triple dimension :
 
1. Sociale : l’enfant est immédiatement considéré comme un être de compréhension, membre d’un réseau de communication adulte-enfant
2. Psychologique : le langage assure le développement de la personne (se construire comme un sujet semblable et différent)
3. Cognitive : le langage construit et donne accès aux connaissances. Il les organise, les hiérarchise, les construit en multiples réseaux mobilisables selon les situations.
Les fonctions cognitives du langage sont fondamentales : construire le monde, évoquer l’absent, multiplier les mondes, construire des significations, prendre le pouvoir…
 
La classeest un lieu unique pour apprendre à parler-penser, comprendre, réfléchir, savoir, questionner, pour parler-penser ensemble et se développer comme des êtres pensants qui savent qu’ils pensent, dans quel but, et comment ils pensent (relations de soi à soi, de soi à autrui et d’autrui à soi).
A l’école, ces expériences langagières et intellectuelles se développent autour de 3 axes :
a) L’expertise du maitre
b) Le groupe-classe : un groupe de pairs ET un adulte expert
c) Le rôle du langage »
 
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Wolfgang KLEIN : L’acquisition de langue étrangère, Paris, Armand Colin, 1989
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Ressource
Dernière modification le vendredi, 13 octobre 2017
Elbaz Jennifer

Vice-présidente de l'An@é.

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