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De drôles de machines et un apprentissage décalé... Bienvenue au Formalab, une expérience unique en France pour la formation et l’insertion professionnelle. Bilan avec Mathieu Gauzins, fondateur et promoteur du projet.
 « Un fablab, même modeste, a sa raison d’être en formation professionnelle : parmi les jeunes que nous avons accompagnés, il y a des « décrocheurs », qui ont quitté prématurément le système scolaire et manifestent peu d’enthousiasme dans un cadre d’apprentissage classique. Notre constat, c’est qu’ils sont beaucoup plus motivés ! », précise d’emblée Mathieu Gauzins, formateur au FormaLab.
Ce fablab d’un nouveau genre est né en février 2012, à l’initiative de Pierre Carrolaggi et Jérôme Combaz, du laboratoire pédagogique du Greta du Velay (Groupement d’établissements publics en Haute Loire).
 
Le maître-mot : autonomie
L’idée est de développer certaines compétences clés chez les stagiaires, en appliquant les principes fondateurs des fablabs. « L’objectif est d’apprendre à apprendre. En pratique, les stagiaires sont laissés à eux-même, face à un projet. Ils doivent donc se débrouiller, avoir des idées puis les mettre en œuvre. Et les formateurs aussi sont complètement novices ! Ici, on expérimente et on apprend ensemble », souligne Mathieu Gauzins.
 
Pourtant, quand on leur présente le projet de construire une fraiseuse numérique, les participants commencent par rejeter ce projet « trop ambitieux ». « Mais quand l’objet est réalisé et qu’il fonctionne, le retour sur investissement personnel est considérable ! La confiance en soi remonte en flèche. Et cela de façon durable, jusque devant un employeur potentiel », analyse Mathieu Gauzins.
 
Confiance en soi et esprit d’initiative
Cette confiance en soi des stagiaires s’appuie aussi sur une meilleure communication, acquise au contact du groupe. En effet, les stagiaires se retrouvent souvent à expliquer, parfois à de simples visiteurs, comment fonctionne la fraiseuse... dont ils sont experts puisqu’ils l’ont montée. « En entretien professionnel, cette aptitude à expliquer et à « se vendre » est très appréciable. Ce sont les retours que nous avons de la part des stagiaires mais aussi des employeurs », ajoute Mathieu Gauzins.
 
En 2 ans, une trentaine de personnes volontaires ont suivi ces ateliers, toutes en insertion professionnelle, dont une vingtaine ayant le statut de travailleur handicapé. Au total, une dizaine est sortie l’an dernier, une vingtaine continuant de suivre les formations du Greta, qui durent au maximum 10 mois. Une journée ou une demie-journée par semaine étant consacrée au FormaLab. Des chiffres encore modestes, puisque le Greta du Velay accueille près de 2000 stagiaires par an.
 
Valoriser les métiers de l’industrie
Le Formalab a bénéficié pour son lancement d’un soutien de l’Europe dans le cadre du programme d’éducation et de formation tout au long de la vie. Cela a notamment permis de créer des activités communes avec Timelab, le fablab de Gand, en Belgique.
 
Qu’en est-il des formateurs eux-mêmes ? « Pour un formateur classique, cette approche pédagogique peut apparaître déstabilisante, au moins au début, et se traduire par un sentiment de perte de contrôle et de légitimité. Mais il est vite compensé par les bons résultats et un lien plus fort avec les stagiaires », explique Mathieu Gauzins.
 
L’équipe du FormaLab s’est attelée à un nouveau projet Declic’In (pour « déclic industrie »), afin de « sensibiliser les jeunes au monde de l‘industrie, trop mal connu et peu attractif alors qu’il offre de nombreux emplois non pourvus », comme le souligne Mathieu Gauzins. L’objectif sera donc de leur faire réaliser une imprimante 3D pour illustrer la réalité des process industriels. A suivre !
 
 
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Dernière modification le mardi, 14 novembre 2017
An@é

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