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Geek, ce mot qu’on entend partout, dans la rue, aux caisses à l’Apple Store, sur les réseaux sociaux ou en soirée. Généralement, c’est au geek qu’on demandera de dépanner grand-mère avec son magnétoscope, comment créer des macros sous Excel ou dans l’enseignement, qu’on demandera de l’aide avec un ordinateur récalcitrant, un TBI qui fait la tête, un vidéoprojecteur en bout de course.

Ce geek, il est temps qu’il disparaisse pour de bon, et ce pour 3 raisons.

Parce que le geek n’est pas celui qu’on croit

L’expression geek est devenue tellement fourre-tout avec le temps que de nombreuses personnes ont du mal à s’y reconnaître : nous sommes désormais bien loin du phénomène de foire, croqueur de têtes de poulet des origines ! Je vous laisse jeter un oeil sur ce très joli arbre généalogique de chez Flowtown pour vous faire une idée de l’évolution de ce terme.

Aujourd’hui être geek, c’est avant tout être passionné(e) – de bande dessinée, de musique, de vêtements, de cuisine, d’avions mais surtout pas uniquement de nouvelles technologies ! L’effet pervers de cette représentation : si une personne que l’on considère comme un geek n’arrive pas à nous tirer d’un mauvais pas informatique, ce n’est pas notre idée du geek qui va en souffrir mais notre idée de la difficulté à aborder la technologiequi sera revue à la hausse – et repoussant d’autant plus notre appropriation de cette dernière. Ce qui nous amène au point suivant…

Parce qu’il est notre excuse pour ne pas investir la technologie

Si on entend souvent dire que la technologie c’est difficile, ça n’en est pas moins faux : les grands constructeurs de matériel engloutissent des sommes considérables dans la recherche en simplification des périphériques, des interfaces et des expérience utilisateurs simplifiées ces dernières décennies. Le véritable obstacle auquel nous nous confrontons face à la technologie et sa prise en main, c’est notre perception de cette dernière - car les outils qui nous entourent sont conçus pour être utilisés, tout comme une grille de mots croisés est faite pour être résolue. Continuer d’enseigner principalement avec papier et stylos et laisser la technologie à ceux qu’on imagine spécialistes, c’est aussi s’empêcher de remettre en cause ses représentations personnelles et d’apprendre alors que la question de la formation et de l’apprentissage tout au long de la vie devient un enjeu majeur pour tous.

Parce qu’il est le symptôme de notre résistance aux TUIC

TICE, TUIC et geeks devraient disparaître pour de bon, non pas parce que l’on aura jeté technologies et technophiles dehors pour revenir aux pupitres et aux plumes Sergent Major mais parce que nous devrions déjà tous être utiliser ces technologies sans même plus y réfléchir. Ainsi généralisées et apprivoisées les TUIC perdraient leur caractère exceptionnel et nous serions au final tous *geeks*, et les technologies ne seraient plus que des outils du quotidien - on ne se rappellera alors plus de prendre son ordinateur ou sa tablette mais juste cartable ou sacoche et tout ce que ça implique, tout simplement.

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Dans ce premier article, nous avons vu ensemble pourquoi les geeks devraient disparaître une bonne fois pour toute et pourquoi nous devrions nous approprier les technologies qui nous entourent une bonne fois pour toute. Dans "Dire au revoir au geek - comment ?" nous verrons ensemble avec quels outils, classiques et digitaux, commencer pour se lancer !

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Maillioux Thomas

En parallèle de sa carrière d’enseignant-documentaliste actuellement au CRDP de Créteil, Jean-Thomas Maillioux s’implique dans les domaines du jeu, des médias sociaux et de la veille et des réappropriations technologiques depuis près de 13 ans. Il s’intéresse aujourd’hui essentiellement à la manière dont ces différents outils permettent de repenser notre rapport à la citoyenneté, à la créativité et au travail. Vous pouvez suivre son actualité sur son site ou via Twitter.

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