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Le Jeudi 1er Octobre s’est tenue la 2ème journée du numérique à l’école.

C’est-à-dire ?

Les collectivités, plus précisément (attention, prêts, sigles, partez : ) : L’AMF, l’AMRF, l’ADF, l’ARF, l’AMGVF, l’AVI, l’AMVBF ont signé, avec le ministère de l’éducation nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche, et le ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique et la Caisse des Dépôts et consignations, une convention constitutive du « comité des partenaires du numérique pour l’éducation », visant à « structurer et systématiser les échanges entre ses membres. Il permet d’associer tous leurs représentants à la définition d’une stratégie globale et partagée pour déployer le numérique éducatif dans les territoires, en mutualisant et valorisant les expériences de chacun des partenaires. »

Je ne sais pas si vous suivez toujours mais cet acte est à la fois très important, fondateur et porteur d’espoir. 

Se dire que tout le monde est d’accord et avance dans le même sens, au-delà des clivages politiques, c’est vraiment une excellente nouvelle.

Jusqu’à 16h18 ce jeudi 1er octobre, j’étais dans un état d’euphorie quasi-total (#hyperbole #quoique).

Avant 16h18 :

Najat Vallaud Belkacem a débuté son discours par le clivage pour/contre le numérique à l’école, rendant stérile le débat dans la mesure où nous vivons dans une société consultant, produisant sur et avec le net et des appareils électroniques.

"Le numérique n'est ni un gadget, ni un luxe, ni une lubie, mais une nécessité portée par l'école de la République.

L'école de la République n'a pas vocation à préparer les élèves au monde d'hier.

Elle doit former les citoyens du monde d'aujourd'hui et de demain. 

"Le premier axe du plan numérique, ce n'est pas l'équipement matériel mais bien la formation des enseignants."

La question qui se pose aujourd’hui est celle de comment ? Et la réponse apportée par la journée d’hier était : en liant nos compétences, en regardant les projets, les initiatives déjà enclenchées partout sur le territoire, qui ont prouvé leur utilité, pour dupliquer, s’inspirer et faire !

Axelle LEMAIRE a quant à elle évoqué la culture numérique (versus ?) la culture scolaire, le fait que les projets doivent et seront menées par les enseignants avant tout.

Autre fait important : en France, « l’e-éducation est envisagée dans un cadre inclusif, Républicain », et développé sur l’ensemble du territoire national et non en une concentration géographique (type Silicon Vallée).

L’aspect économique, stratégique pour le pays, de cette alliance, de ces projets à développer à grande échelle, sur un réseau équilibré et fort.

Sans oublier la littératie indispensable à acquérir à l’âge numérique.

Jusque-là tout le monde est d’accord et applaudit des deux mains.

On passe ensuite aux tables rondes, qui vont permettre de découvrir des actions, d’entendre témoigner toutes les parties actives sur le plan éducatif : enseignants, élus de petites moyennes ou très grandes collectivités, inspecteurs, DAN etc.

Pas de parents, de citoyens ou d’élèves. Mais dans l’idée tout le monde était là. (Par défaut une majorité d’adultes dans la salle étant passés par les bancs de l’école, et certainement presque autant de parents et unanimement 100% de citoyens)

Les initiatives justement :

La continuité du parcours scolaire des élèves du primaire au secondaire : comment le numérique favorise-t-il l’action conjuguée des partenaires impliqués dans l’animation éducative sur un territoire et contribue-t-il à la continuité, la progressivité et la cohérence du parcours des élèves de l’école au lycée ?

-Lycée Vauban à Brest : un incubateur pédagogique numérique mis en place pour créer un espace où tout se passe bien, pour expérimenter en grandeur réelle, voir comment tout se met en place en pratique.

-Collège Champagne au Mont d’Or inscrit dans un territoire comptant aujourd’hui plus de 59 projets éducatifs !

La continuité sur la journée de l’élève, du scolaire au périscolaire. Comment la synergie des actions des partenaires en matière d’usages du numérique peut-elle accompagner la journée de l’élève en assurant un meilleur lien entre les différents temps éducatifs ?

Pré-saint-gervais : une initiative particulièrement intéressante : collaboration CM2 et 3ème, café des parents, mise en place de l’ENT pour le primaire => une approche systémique dynamique !

Lab 28 : là aussi une approche systémique, avec une caravane visant à l’acculturation des élus ! (oui !) et des citoyens, et le collège Jean-Monnet de la Loupe pour lier, relier, faire avec les élèves… !

La continuité entre l’école et son environnement. En matière de numérique, quelles actions conjuguées les partenaires peuvent-ils conduire pour transformer l’école, la rendre plus ouverte au monde et davantage ancrée dans son territoire ?

Cemea de Rouen

Académie Nancy-Metz et son ENT

- Saint Etienne : témoignages des IEN, Cité du design, Saint Etienne métropole… projet Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.">Archicl@asse : « Les besoins liés à la modification des situations d'apprentissage
Le constat: prendre en compte le numérique est difficile dans un contexte traditionnel", à l'échelle d'un établissement, d'un territoire.

Et là…

A 16h18 heure française, une main de collectivité se lève dans la salle pour poser une question… celle de la pertinence des écrans pour les apprentissages des élèves et citoyens.

Revenons quelques heures avant, dans la matinée, un monsieur élu avait aussi posé la question des investissements « à fonds perdus » en faveur de l’éducation numérique.

Ces questions sont pertinentes. On ne répond jamais clairement, on tourne toujours un peu autour du pot.

Donc là, très subjectivement je vais vous donner mon point de vue. Il n’engage que moi, personnellement.

Un investissement pour une collectivité doit aboutir à un retour.

On paie un entrepreneur pour construire un mur, quelques temps plus tard on voit un mur. Composé des matériaux tels que décrits dans le bon de commande que l’on a signé.

Offrir à ses jeunes citoyens la possibilité d’aimer comprendre, d’aimer apprendre, ça ne se voit pas. Ça ne peut pas non plus s’afficher et se montrer.

Alors il y a bien des indicateurs, peut-être des meilleurs résultats scolaires (et encore, c’est pas sûr).

Offrir à ses enseignants la possibilité d’avoir plaisir à se lever le matin pour voir l’étincelle dans les yeux de ses élèves, ça ne se voit toujours pas. Bien sûr la motivation des élèves ou des enseignants ne dépend pas d’un équipement numérique dernier cri ou maximal. Par contre le numérique aide à faire travailler autrement, activement, et aide à rassembler. Les initiatives portées et présentées tout au long de la journée nous l’on prouvé. Et toutes celles que l’on ne connait pas, qui ne sont pas médiatisées, aussi.

Une émotion, une énergie ne se monétise ni ne se montre pas. Pourtant elles constituent un moteur pour mener des actions, pour juste avancer.

Et il y a un autre point, crucial : 

Si ce n’est pas l’Ecole qui montre, explique, fait faire aux élèves, qui va le faire ? : 

Qui va expliquer aux élèves comment vérifier ses sources sur internet ? Qui va leur faire tester, les faire s’exercer pour créer un profil sur un réseau social ? Qui va leur expliquer ce qu’est une donnée personnelle, comment elle peut être exploitée par un tiers ? Qui va les faire communiquer entre eux par connexion interposée pour qu’ils comprennent que la citoyenneté, le comportement responsable vis-à-vis d’autrui est aussi numérique ?  

Si ce n’est pas l’Ecole, qui va faire ça ?

Je mets au défi quiconque lira cet article jusque-là d’aller dans la rue, demander à 10 personnes : de citer au moins 4 critères de vérification de leurs sources sur le net, de définir une donnée personnelle en ligne, d’expliquer comment protéger ses productions liées au cercle intime sur le net (photos de famille par exemple), de définir l’identité numérique et les répercussions sur une vie professionnelle, personnelle et citoyenne.

Qui va permettre de mettre du sens sur une culture numérique déjà acquise en dehors des murs de l'école ?

Toutes ces connaissances, ces compétences, ne sont pas visibles.

Et en plus c’est un « investissement » sur le long terme dans une société de l’immédiateté, à tous niveaux, dont un calendrier électoral sans cesse renouvelé. Dans chaque strate de notre société il faut faire ses preuves tout le temps, les élus le savent bien.

Les enjeux du numérique à l’école dépassent une histoire d’argent, une histoire de matériel.

C’est l’histoire d’une humanité.

Ce qui est acquis par les ministres ne l'est pas forcément par les collectivités.

Parce que ça coûte cher, parce que c'est compliqué, parce qu'il y a encore et toujours des réticences.

Collectivités, ne pouvons-nous pas tous garder de cette journée cette phrase comme leitmotiv ? :

"L'école, dont les moyens vous incombent, doit former les citoyens éclairés, IRL et URL du monde d'aujourd'hui et de demain." 

La convention : http://cache.media.education.gouv.fr/file/09_-_septembre/15/4/Convention_partenaires_2e_journee_numerique_ecole_478154.pdf

Le dossier : http://cache.media.education.gouv.fr/file/09_-_septembre/15/6/dossier_2e_journee_numerique_ecole_478156.pdf

Photo de l'article : http://www.education.gouv.fr/cid93805/2e-journee-du-numerique-a-l-ecole.html&xtmc=journeedunumeriquealecole&xtnp=1&xtcr=7 

Dernière modification le jeudi, 08 octobre 2015
Elbaz Jennifer

Vice-présidente de l'An@é.

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