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Cette image a été produite par une intelligence artificielle.  Je l’utilise pour illustrer ce billet qui traite du cours de Culture et citoyenneté québécoise prochainement au programme des écoles du Québec. Lorsqu’un nouveau programme d’études est créé pour les écoles primaires et secondaires (collège) on considère les particularités de la société à laquelle il s’adresse.  La montée de l’influence des intelligences artificielles et des univers virtuels qui imprègnent le quotidien de nos enfants n’est pas à négliger lors de cette réflexion.

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Ce billet comporte trois points :

 

1 - Présentation du cours Culture et citoyenneté québécoise, état des lieux

2 - Réflexion de Bruno Devauchelle :  l’approche québécoise et celle de l’Éducation nationale

3- Mon regard

 

 

1. Présentation du cours Culture et citoyenneté québécoise, état des lieux

 Suite à une vaste consultation, monsieur Jean François Roberge, ministre de l’Éducation du Québec a annoncé en octobre 2021 que le programme Culture et citoyenneté québécoise[i] remplacera le cours Éthique et culture religieuse.  Ce programme d’études sera enseigné au primaire et au secondaire (collège) dans toutes les écoles dès l’année scolaire 2023/2024.

En toute transparence, le ministère s’est appuyé à la fois sur une série de consultations publiques et s’est adjoint des enseignants pour l’élaboration du programme.[ii]  Environ 28 000 personnes ont participé à une consultation en ligne et ont exprimés leur point de vue sur les questions suivantes : Participation citoyenne et démocratie, Éducation juridique, Écocitoyenneté́, Éducation à la sexualité, Développement de soi et des relations interpersonnelles, Ethique, Citoyenneté́ numérique, Culture des sociétés. De plus, environ 120 mémoires furent déposés par divers groupes d’intérêt particulier dont des partenaires autochtones.

En mars 2022, la Direction de la formation générale des jeunes (DFG) et des représentants du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ) ont présenté une séance d’information traitant des étapes de développement du programme. [iii]  Une des particularités du processus est que les objectifs devant être atteints à la fin du secondaire ont été établis en premier lieu et que les contenus propres à chaque niveau scolaire qui permettront l’atteinte de ces objectifs ont été développés par la suite

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Une première version du programme sera enseignée à travers le Québec dès septembre 2022 dans une trentaine d’écoles, 84 classes du primaire et 101 classes du secondaire.

[iv]

LE PROGRAMME DU COURS CULTURE ET CITOYENNETÉ

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LE PROGRAMME DU COURS CITOYENNETÉ QUÉBÉCOISE - secondaire [v]

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2. Réflexion de Bruno Devauchelle :

L’approche québécoise et celle de l’Éducation nationale

Au fil des ans, plusieurs éducateurs de France s’intéressent à ce qui se fait au Québec en éducation.  À son blog du 10 août [vi] dernier Bruno Devauchelle a comparé le futur programme Culture et citoyenneté québécoise avec la charte pour l’Éducation et la citoyenneté numériques proposée par l’Éducation nationale [vii] :

Le 19 juillet 2022, alors que le monde scolaire est dans le creux du début des vacances, le ministère de l’Éducation (sur une initiative conjointe avec la Direction du Numérique pour l’Éducation) a présenté une « charte » pour l’éducation à la culture et à la citoyenneté numériques.

            …

Bruno Devauchelle observe au sujet du programme québécois :

Une lecture plus avancée du document met en évidence le fait que, pour les auteurs de ce programme d’études, le numérique en est une composante …

L’écart entre lapproche québécoise et lapproche française est important et porteur de sens. … le simple fait qu’il sappelle charte (nom français) et non pas programme d’études (nom québécois) dune part et que, dautre part il ne soit pas présenté comme mise à lessai à linstar du Québec montre bien que la culture du pilotage institutionnel nest pas vraiment la même de chaque côté de locéan.

Les Québécois sont donc très avancés dans cette réflexion et surtout dans lopérationnalisation …

Ces bons mots au sujet du programme élaboré par des éducateurs du Québec sont agréables à lire.  Je ne permets pas de critiquer la charte proposée par l’Éducation nationale mais je n’hésite pas à commenter le programme québécois.

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3. Mon regard

Les concepteurs du programme déclarent pendant la vidéo de présentation des étapes[viii] de création et de mise-en-place du programme qu’il s’agira d’un programme autonome « sans redondances avec les autres disciplines scolaires » …. Et qui aura sa propre place dans la grille-matière du régime pédagogique. 

De mon côté, j’imagine ce programme plutôt comme un ensemble de principes de vie qui percolent les matières d’enseignement lorsqu’opportun.  Cette approche de nature interdisciplinaire s’applique beaucoup plus facilement au primaire.  Au secondaire, l’enseignement de nature disciplinaire est la responsabilité d’enseignants spécialisés qui n’ont peut-être pas la formation ou la sensibilité nécessaire à son application.

 

Un aspect fondamental du programme est le développement de l’art du vivre ensemble illustré par divers propos : civilité, inclusion, exclusion, modèles de vie, espaces de socialisation, relations égalitaires et autres. Cette assise de nos sociétés, souvent régie par un ensemble de lois, devrait s’appliquer au quotidien dès les premiers instants de la fréquentation scolaire. Instaurer la paix au sein de gigantesques écoles où circulent plus de 2000 adolescents dans un espace restreint est un climat qui se développe au primaire.  Ma proposition s’applique donc en premier lieu aux écoles primaires.

C’est en chantant que les élèves devraient entrer à l’école. Les chants commencent dès que sonne la cloche et que les élèves se placent en rangs.  Ils chantent en se dirigeant vers la classe, et en rangeant leurs habits et leurs cartables.  Lorsque les élèves sont assis à leurs places respectives, c’est un moment de silence que je propose d’instaurer à travers l’école. Deux/trois minutes de silence complet pour faire descendre la tension de l’entrée et calmer les esprits afin de les préparer à une nouvelle journée d’apprentissages académiques.

Oh ! Je sais que plusieurs régimes totalitaires utilisent le chant auprès des jeunes pour créer un climat d’appartenance. Dans ce cas, les enfants chantent d’enlevants rythmes guerriers.  Eh ! Si on chantait la douceur, la poésie, la nature, l’amitié, quel serait l’effet d’un tel début de journée auprès de la clientèle de l’école ?  Quant à appliquer une telle activité au secondaire, au collège, on pourrait commencer par un jour par semaine, le lundi et choisir les rythmes à la mode du jour, quelques raps par exemples, ou proposer aux élèves des chants dont la mélodie rappelle la culture de l’une ou l’autre des ethnies qui fréquentent l’établissement. Chanter en arabe ou en mandarin à l’occasion nuirait-il à l’appropriation de la citoyenneté québécoise ?

Culture et citoyenneté c’est aussi le civisme que Larousse définit comme :

Dévouement envers la collectivité, l'État, et à la participation régulière à ses activités, notamment par l'exercice du droit de vote.

Au début de l’apparition de la télévision dans les familles du Québec, dans les années cinquante, on présentait une publicité montrant des citoyens au comportement social agréable et qui disait : le civisme est une foule de petites choses. Ne pourrait-on pas avoir d’occasionnelles campagnes de sensibilisation aux comportements sociaux acceptables dans les écoles, particulièrement dans les collèges selon le principe de transition, apprendre à agir collectivement dans la bienveillance. J’ai présenté le concept de transition applicable au milieu scolaire au PechaKucha du LudoviaPF 2020. [ix] Je ne fais plus souvent de présentations et comment vous l’entendrez, je suis un peu rouillée.  Cependant, le modèle proposé s’applique à toutes les écoles qui souhaitent améliorer leur climat de vie.

Daphné Dion-Viens écrit dans le Journal de Québec[x] le 29 juin 2022 :

L’éducation à la sexualité, qui était enseignée via des « capsules dinformation » insérées dans dautres matières, sera désormais intégrée dans ce nouveau cours tout au long du secondaire.

Grâce à YouTube, TikTok et autres vidéos facilement accessibles par internet, trop de jeunes voient la sexualité comme une performance ou pire encore comme une activité du genre : « Bing, bang, couche toi là ».  Or la sexualité est l’appétence de notre animalité, la vie n’a comme but ultime que de se perpétuer sous toute forme.  En tant qu’humain, nous sommes des êtres vivants et comme les autres vivants, nous devons satisfaire aux besoins que la vie nous impose : assurer notre croissance et le fonctionnement de notre organisme et répondre à nos envies sexuelles est l’un de ceux-là.

L’éducation à la sexualité peut se faire en trois étapes :

  • Respecter sa sensibilité et celle de l’autre, ce qui peut se faire dès les petites classes ;
  • L’éveil des sens, apprécier les odeurs, les textures, la beauté des êtres, un bel arbre ou un beau corps, s’initier à la musique ;
  • Puis, en dernier lieu, comprendre la sexualité qui n’est qu’une extension, une maturité de la sensualité.  Tout comme certaines odeurs sont agréables à l’un et ne plaisent pas à l’autre, l’odeur du partenaire sexuel importe, tout comme importe la forme de son corps et le son de sa voix.

Comprendre l’importance de la sexualité comme mode de transmission de la vie. 

Comprendre que dans la nature, la vie a des méthodes de gestion des populations.  Quand une population devient trop importante, elle détruit son milieu de vie, elle manque de nourriture et donc elle décroit.  Les populations de prédateurs augmentent ou certaines maladies peuvent éclore pour décimer une population et chez les cultures anciennes, les guerres, en tuant les mâles permettaient de réduire la taille de la population.  L’être humain intelligent a développé quantité de technologies lui permettant de se protéger, des engrais artificiels, de nouvelles variétés de plantes et d’animaux de ferme ont réduit les risques de famine et la médecine sait vaincre quantité de maladies qui autrefois décimaient les populations. 

La population humaine explose et étouffe la vie sur notre planète. Penser globalement à la survie de l’espèce humaine et agir localement par une sexualité responsable qui ne vise plus la reproduction de l’espèce.  Finie la revanche des berceaux pour la survie de notre groupe culturel.

 

Comprendre qu’en tant qu’humain doué d’intelligence, je peux me reproduire et transmettre ma pensée auprès d’autres humains par des filiations spirituelles.  L’éducation à la sexualité c’est aussi apprendre à s’impliquer dans notre milieu de vie.  Eduquer à la sexualité c’est aussi s’initier à l’ethnologie, l’ethnographie et à l’art visuel qui célèbre le corps humain, l’amour physique par des œuvres choisies de poésie.

 

Éduquer à la sensibilité, c’est avoir à l’occasion dans la classe des boulettes de coton imbibées de parfums, d’épices, de fleurs, de sapinages, etc.  Éduquer à la sensibilité, c’est savoir filtrer les lumières d’un local et parfois à la fin du jour éclairer à la lumière bleue, ou verte, ou jaune et écouter de la musique.

 

Éduquer, c’est reconnaître que nous sommes des êtres sensibles.

Hugue Asselin, de la Coalition Éducation – Environnement – Écocitoyenneté a écrit dans Le Devoir du 11 juin 2022, Une éducation à la hauteur de nos défis socioécologiques[xi] , une lettre signée par 100 organisations membres de la Coalition ainsi que 338 acteurs et actrices du domaine de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et trois députés de l’opposition et qui s’appuie sur les travaux de madame Lucie Sauvé en ERE. Je ne doute pas de cette « urgence dune profonde transformation sociétale à laquelle l’éducation doit participer ».

Mais que doivent proposer ces actions éducatives ?  Pourquoi pas ÉDUQUER À LA VIE ?

J’ai conçu au début des années ’80 La planète bleue, [xii] un manuel scolaire en écologie que Lucie Sauvé (alors Lucie Sauvé-Desrochers) avait la tâche de rédiger.  Ce travail l’a orienté vers une carrière en éducation à l’environnement. Lucie Sauvé a un caractère de fourmi, ce qui lui a permis de durer.  Sa patience et son œuvre sont remarquables.  Mais son message ne convient pas à ma conception qui consiste à sensibiliser l’individu aux caractéristiques de ses milieux de vie, ni à l’essentielle compréhension des principes fondamentaux de la nature que nous apprend l’écologie.  Bien sûr, marches et manifestations sont de grands cris pour ameuter le pouvoir et la masse.  Mais ce qui est efficace, c’est de goûter des fruits délicieux car cultivés avec peu d’ajouts chimiques dans un sol vivant, c’est de sentir la fraîcheur du vent sous la canopée et la comparer à l’écrasante chaleur de nos rues. S’épanouir dans des milieux sains est le chemin vers un éveil à la beauté de la vie sur Terre et à chercher à la conserver.

Éveiller les élèves aux principes fondamentaux des cycles de vie au sein des écosystèmes ne doit pas être une nouvelle religion fondée sur l’émotion.  Je déteste voir ces enfants manifester dans les rues en portant des cartes où ils demandent sauver leur planète en pleurant.  La planète devenue invivable pour l’humain et plusieurs autres espèces ne se désagrégera pas dans l’espace quand l’humain ne pourra plus y vivre sans eau à boire, sans nourriture et victime des soulèvements sociaux qu’entraîneront ces carences.  D’autres espèces s’adapteront peut-être ou la planète Terre deviendra stérile, qui sait ! ?

C’est la vie qu’il faut sauver !

Ce que je préconise ne sont pas des paroles, mais des activités concrètes qui s’appliquent facilement au quotidien dans les classes du primaire et permettent aux enfants d’accepter qu’ils sont des animaux parmi d’autres et que la diversité biologique est une composante de l’équilibre des systèmes. 

Découvrir les caractéristiques des vivants, les cycles de vie, les cycles de la matière, les particularités des populations et des communautés de vivants par de petites activités auxquelles tous les élèves de l’école peuvent participer. Comprendre par l’expérience le concept de capacité de support des milieux. Comparer : que se passe-t-il quand on sème les graines de carottes tassées les unes sur les autres en comparaison aux graines semées à distance ? Quand nos plantations manquent d’eau ou qu’on les noie ? Faire des jardins d’écoliers offre la possibilité de découvrir, par essai et erreur, plusieurs principes d’écologie. Et plusieurs autres simples activités existent.

Quant au secondaire, on peut reprendre les activités vécues au primaire.  La réitération est fondamentale en éducation : Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage… Puis utiliser les ressources disponibles grâce à internet pour illustrer comment ici et là, des individus, des groupes, des administrations appliquent avec succès les principes écologiques pour régénérer les milieux de vie.  Il en existe quantité. De plus de telles références, de telles illustrations de vie différentes donnent à l’élève espoir et luttent contre l’écoanxiété (solastalgie).[xiii] 

Je propose que les écoles disposent d’une banque de tels documents de référence, vidéos, sites web.  Dans un premier temps, les élèves auront accès à des pièces choisies à l’avance par les enseignants.  Puis, plus tard, par des recherches d’informations sur internet les élèves pourront monter des dossiers qui démontrent comment se réapproprier les espaces et y semer la vie. Des activités de type Design thinking [xiv]  accorde à des élèves dynamiques la possibilité de s’impliquer à des travaux concrets qui dépassent la contestation.  Ils peuvent refaire le monde.

Les enfants et adolescents auxquels je pense sont des êtres doués de sensibilités, ils ne sont pas uniquement des cerveaux. Mais leur sensibilité se joue ailleurs qu’au niveau de l’émotion.  Leur sensibilité est utilisée au niveau des perceptions et comme fondement à leurs apprentissages.

Pour nos sociétés où le numérique est devenu ubiquitaire, l’école a la responsabilité de s’assurer que les enfants des générations montantes demeurent fortement et agréablement enracinés à l’univers concret. Le cours Culture et citoyenneté est un ajout au curriculum qui peut appuyer cette tâche.

 Ninon Louise LePage


[i]http://www.education.gouv.qc.ca/parents-et-tuteurs/references/refonte-programme-ethique-culture-religieuse/

[ii]   http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/education/jeunes/pfeq/Processus-elaboration-programme-culture-citoyennete.pdf

[iii]  https://www.youtube.com/watch?v=hgl5z2aGFso

[iv]  https://www.journaldequebec.com/2022/08/10/leducation-numerique-a-partir-de-la-troisieme-annee-du-primaire

[v]  https://www.journaldequebec.com/2022/06/29/voici-le-cours-de-citoyennete

[vi]  Entre l’éthique et la charte, différences d’approches !

https://brunodevauchelle.org/?p=3467&fbclid=IwAR2PrMBeqU-tGJxBq0SWhMVGC1J1RSzITo9yuuR5jkoHN_8MdiJsYEXOALg

[vii] Quelle mouche a donc piqué le ministère de l’Éducation ? Charte, vous avez dit charte pour le numérique éducatif !!!

http://brunodevauchelle.org/?p=3463&fbclid=IwAR0Ys1AVFn8olokKhFZMA05pH1qTn8-obZmFh6LGOMJwVcyQSWsAW779lyc

[viii] Le processus de développement du programme

https://www.youtube.com/watch?v=hgl5z2aGFso

[ix]  https://www.youtube.com/watch?v=iedwPWmXcfk

[x]  https://www.journaldequebec.com/2022/06/29/voici-le-cours-de-citoyennete

[xi]https://www.ledevoir.com/opinion/idees/721680/idees-une-education-a-la-hauteur-de-nos-defis-socioecologiques

[xii] Manuel scolaire disponible pour consultation aux archives nationales du Québec

 https://cap.banq.qc.ca/notice?id=p::usmarcdef_0000194551

Guide pédagogique à l’usage des enseignants disponible sur consultation aux archives nationales du Québec

https://cap.banq.qc.ca/notice?id=p::usmarcdef_0000194550

[xiii]   https://www.teljeunes.com/Tel-jeunes/Tous-les-themes/sante-psychologique/stress-anxiete/l-ecoanxiete

https://www.noovomoi.ca/style-et-maison/zero-dechet/article.eco-anxiete.1.10152791.html

[xiv]   https://archives.ludomag.com/archives/19153

Dernière modification le samedi, 03 septembre 2022
Ninon Louise LePage

Sortie d'une retraite hâtive poussée par mon intérêt pour les défis posés par l'adaptation de l'école aux nouvelles réalités sociales imposées par la présence accrue du numérique. Correspondante locale d'Educavox pour le Canada francophone.