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« La #twittclasse c'est trop classe » écrit Guillaume BOURGIN sur son compte Twitter @CGBourgin où il publie le compte- rendu photo de la journée qu'il a passée avec sa classe à Marseille à l'occasion des rencontres de l'Orme 2015.

Maître de CP à l'école Langevin 1 de Vallauris il a fait de choix d'utiliser le réseau de microblogging Twitter pour ouvrir dans les murs de sa classe « une immense fenêtre ».

Une fenêtre, dit-il

pour montrer une partie de ce qui est fait en classe, faire travailler les enfants à partir de situations de communication réelles, donner du sens aux productions des élèves, favoriser les échanges avec les familles, avec les autres ». Mais c'est aussi « une fenêtre pour nous permettre de regarder dehors, de s'intéresser aux autres, au monde qui nous entoure à travers les échanges avec d'autres twittclasses, à travers des projets, des découvertes, des hasards.

Au travers le #DefiAlphabet initié par Brigitte Léonard et le #ProjetPhotoPoesie, créé par Catherine Lapointe auxquels @CPLangevin1 participe, on découvre cette ouverture au monde avec des classes du Québec et de France.
Le #DéfiAlphabet est un « projet collectif qui a vu le jour l'automne dernier grâce à la puissance du réseau Twitter. Il s'agit d'un abécédaire collaboratif entièrement créé par des élèves de la maternelle à la 3e année du primaire, d'une trentaine de « #twittclasses ». »
Le #ProjetPhotoPoesie est un projet « d'écriture collaborative auquel participe toute la francophonie mondiale. Il consiste à prendre des photos (maison ou école avec les ipads de classe), faire un dessin ou sélectionner des images qui inspirent la création d'un poème ». Le projet s'est déroulé depuis janvier 2015.

Les Rencontres de l'Orme sont une formidable opportunité pour partager avec les visiteurs parmi lesquels de nombreux enseignants, les aventures que vivent ces classes qui inventent avec le numérique de nouvelles modalités pédagogiques comme les « twittclasses ». « L'Ecole Communicante » en montrant comment un maître enseigne devant sa classe et comment les élèves utilisent des outils et des ressources numériques, rencontre chaque année un succès grandissant. Car c'est bien dans la classe avec ces enseignants qui osent, qui s'aventurent, qui expérimentent, que se mettent en œuvre des pratiques pédagogiques « de tout bord » qui feront, grâce aux TICE, l'école de demain.

Rien d'original toutefois si l'on pense aux idées novatrices développées dans l'entre-deux guerres – Dewey, Montessori, Freinet, Steiner - d'une pédagogie active, ouverte, destinée à tous les élèves dans un souci de partage et de solidarité. Pourtant, aujourd'hui, ces pédagogies fleurissent d'abord dans des écoles hors de l'Ecole.
Ce n'est pourtant pas l'ordinateur et l'accès à Internet qui priment dans ces écoles. A l'exemple de la Waldorf School of the Peninsula qui n'a rien d'une école "high-tech", bien que située au cœur de la Silicon Valley et scolarisant les enfants de nombreux cadres des entreprises du numérique qui s'y développent. Les écrans sont bannis de l'école jusqu'à la 4e et il est recommandé aux parents de limiter l'accès aux ordinateurs et à la télévision à la maison. Car la « méthode de Steiner repose avant tout sur une philosophie humaniste et une approche holistique de l'éducation, prenant en compte l'enfant dans sa globalité. »
Sans aller jusque-là, le numérique et les réseaux sociaux ne sauraient être en effet qu'un moyen d'une autre approche pédagogique, plus globale, propice à l'expression de la créativité de chaque enfant et à l'exploration de ses sentiments.

Le mérite de ces maîtres qui expérimentent de telles initiatives réside bien dans la volonté de diffuser, de partager ces pratiques, avec le plus grand nombre, dans l'Ecole pour tous.

En lisant comment se définit, sur son compte LinkedIn, Catherine Lapointe, enseignante à l'École Coeur-Vaillant-Campanile de Québec, qui « s'intéresse à l'impact de l'humanisation du numérique en classe », on comprend mieux les motivations profondes de ces innovateurs :

Sensible à la gestion dialoguée, active et participative en classe. Adopte la délinquance créative comme moteur pour produire des situations pédagogiques signifiantes. Aime partager les projets de ses élèves et accompagner ses collègues vers des démarches innovantes en éducation. Participe à de nombreux colloques technopédagogiques pour actualiser son réseautage et viser des pratiques pédagogiques toujours plus adaptées à la réalité de ses élèves (Clair, REFER, AQUOPS, EdCamp, etc).

Les enfants quant eux semblent s'épanouir.

Ils prennent leur mission au sérieux et présentent leurs travaux aux visiteurs toujours surpris de leur dextérité à maitriser, qui la souris de l'ordinateur, qui l'écran tactile d'une tablette. Ces « enfants du numérique » ont en effet de plus en plus , et surtout de plus en plus tôt accès à des ordinateurs, à des smartphones ou à des tablettes tactiles à la maison car le taux d'équipement électronique des parents progresse.
De nombreux parents pensent qu'il s'agit d'une bonne chose pour leurs enfants, qui peuvent ainsi se familiariser aux outils numériques. En effet, 76% voit cela comme une bonne chose. Par ailleurs, 35% estiment que c'est une façon pour les enfants de s'adapter à leur époque, quand 50% des parents estiment que c'est un atout que d'avoir accès à l'information et au savoir. Certains parents se montrent même ouverts au remplacement des manuels scolaires par des tablettes numériques.

Mais que pensent les parents de l'usage de Twitter par la classe et de la place des écrans dans la vie des enfants ?


Catherine PICCINI, maman de Swann, élève de la Twittclasse de l'école Langevin de Vallauris, qui accompagnait la classe à Marseille avec Guillaume BOURGIN, a bien voulu nous dire dans cet entretien ce qu'elle pense de cette initiative.
Claude TRAN

Dernière modification le samedi, 16 avril 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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