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A la Caisse des dépôts, Banque des territoires, le 22 mai 2019, la mission Ecoter, en partenariat avec Econocom proposait d’échanger autour des retours d’expériences menées par différents acteurs de l’éducation : collectivités et enseignants à propos d’un dispositif innovant, le Chrome Book[1], via l’environnement Chrome.

Présentation et échanges étaient menés par Alain Melka, Directeur général des services – Mission Ecoter ont suscité curiosité et intérêt.

Laurent Jacquet, Directeur de l’activité Google-Econocom rappelait le rôle d’Econocom, un acteur focalisé sur la transformation numérique dans ses dimensions technique financière et humaine. Ici aux côtés de Mathieu Guinin, responsable Education de HP.

Deux collectivités témoignent de leur choix

Loïc Minier, adjoint au maire, délégué à la communication et NTIC à la Mairie de Serris expliquait la volonté municipale de placer le numérique à l’école comme projet prioritaire d’une ville de 10.000 habitants : il fallait moderniser les outils d'enseignement, car les écoles étaient mal équipées, repenser la question des réseaux, et moderniser les services. Il ne s’agit pas de faire des cours d'informatique en salle informatique, avec des PC souvent en panne, trois enfants par poste etc. Il fallait vaincre les réticences des enseignants, souvent peu experts, en s’appuyant sur ceux qui ont envie d’avancer dans leur pédagogie. Au début, par précaution liée à la peur des ondes électromagnétiques, des interrupteurs de Wifi ont été installés, mais peu utilisés. Les parents avaient peur que l’on abandonne les apprentissages classiques.

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La question se posait dans les mêmes termes pour Dijon métropole selon Xavier Lenoir - DSI de la Ville de Dijon On ne voulait plus aborder le numérique comme une matière qu'il faudrait apprendre, mais plutôt comme un outil, un soutien à l'apprentissage. L’éducation apparaît comme centrale pour résoudre les problèmes de société. Après avoir expérimenté pendant deux ans la solution Chrome et les chromebook, le choix fut arrêté et mis en place grâce à l’accompagnement des équipes de l’Education nationale qui ont aidé les équipes à tester le matériel. Les enseignants ont été impliqués dans le choix de la solution. Le numérique ne se substitue pas totalement au papier, il est complémentaire. Et l’outil s’avère pertinent pour dépasser des difficultés, notamment pour l’apprentissage de la lecture.

Le chromebook est un ordinateur portable deux-en-un (il se convertit en tablette), doté d’un écran tactile il est connecté via Internet aux ressources qui se trouvent dans le cloud. Il s’agit d’une interface d’accès passive.

Mathieu Guinin, indique que HP Education s’attache aux " bons usages " du numérique. En effet, le développement du numérique à l'école forme les futures générations via de nouvelles manières de travailler, et l’éducation représente 10% de l'activité de HP France (Occitanie, Grand Est). Le sujet n'est pas de digitaliser les écoles, mais d’accompagner l'éducation dans la quatrième révolution industrielle. HP travaille sur la 3D qui va impacter tous les métiers (exemple Airbus et la numérisation des métiers de l'artisanat).

Pour Laurent Jacquet, Directeur du Département Google – Econocom, il est important de proposer un accompagnement humain qui est la clé de la réussite. La technique n'est rien : il faut montrer le bénéfice aux enseignants.

Des configurations différentes à Serris et à Dijon, mais tout aussi satisfaisantes pour les enseignants et les collectivités

Pour Dijon, un équipement en fond de classe a été installé avec 5 ChromeBooks par salle, dans 300 salles de classe. Econocom est directement intervenu sur :

  • L’évaluation de la plateforme ChromeBook et G suite à travers :
  • La création du domaine G suite
  • La livraison de 5 chromebooks paramétrés et donc prêts à l’emploi 
  • Le support pendant un mois

Cette évaluation a été conduite par M. Lenoir et quelques enseignants volontaires

  • Suite à l’Appel d’offres remporté par Econocom, ont été successivement opérés les points suivants :
  • Création du domaine G suite
  • Paramétrage des 1500 machines pour qu’elles soient prêtes à l’emploi
  • Distribution des ChromeBooks (Acer 11") et des licences
  • Opération d’un transfert de compétence technique à l’équipe municipale
  • Apport du support Econocom
  • Mise en place d’une réunion trimestrielle pour faire évoluer les outils et les pratiques
  • Mise en relation de la collectivité avec M. Jean-Louis Schaff pour former les référents numériques des écoles (Econocom ne s’estimant pas légitime pour apporter une formation d’ordre pédagogique mais désireux d’identifier les ressources à même de le faire pour le compte des clients qui en expriment le souhait).

Un autre avantage : la collectivité n’a pas eu besoin d’enfermer les ordinateurs dans un chariot sécurisé : il n’a été n’a constaté aucune perte, aucun vol, aucune casse. Il faut dire que le matériel est tracé et qu’il est inopérant en dehors de la salle de classe (on peut d’ailleurs le désactiver à distance).

Pour Serris (Seine-et-Marne) : les prestations ont été identiques, mais dans le cadre de classes mobiles, avec fourniture des chariots prêts à l’emploi et des imprimantes.  Le choix avait été fait des classes mobiles avec 34 Chrome Books dans chaque groupe scolaire en deux chariots chargeurs distincts. Chaque enfant de la classe peut avoir son outil, avec le wifi dans les salles qui permet un accès instantané. L'éducation nationale n'a donc rien investi. Tarif compétitif moins de 400€. Une classe mobile Windows coûte plus cher en entretien, mises à jour, maintenance, salaires emplois etc. Le système Chrome est autonome et automatique.

Quel est le coût de telles configurations ?

3ecoterLe coût moyen d'un Chromebook sur la configuration demandée par Dijon et Serris est de 330 € HT. Il s’agit d’appareil au format "convertible" (inclinable à 360°), avec un écran tactile 11" en verre renforcé Corning Gorilla, une caméra avant et arrière, un châssis durci et une autonomie de 10h, soit une configuration complète et parfaitement ciblée pour un usage en classe.

Coût par élève (CPE) : à Dijon dans la configuration "fond de classe", avec 5 Chromebook par classe, installé sur des tables, en incluant la licence de management (équivalent à un MDM), les prestations initiales et le déploiement : CPE : 62€. A Serris : classes mobiles, incluant un chariot de recharge et stockage, avec 30 Chromebook et une imprimante, 1 chariot pour 5 classes. En incluant la licence de management (équivalent à un MDM), les prestations initiales et le déploiement, le coût par élève à Serris est de 90 €.

La sécurité des données est totale de la part de Google et la consommation est forfaitaire. On peut utiliser toutes applications hors Google, par exemple le navigateur Qwant, ainsi que des chromebook des différentes marques disponibles sur le marché. Il n’est pas question d’être étroitement lié à l’univers Google. Mais la grande question est le débit, celui du réseau FTTH à Dijon, et des bornes wifi. On a investi 150.000€ de câblage ADSL et wifi. Quand la fibre communale à été mise en place, la connexion a été partagée via la mairie. Il faut que la qualité de l'accès à Internet soit bonne. Car les vidéos demandent un gros débit.

On peut faire un usage en mode " invité ", il ne reste alors rien sur le Chrome Book. En usage personnalisé avec un compte Google personnel ou un compte classe, on a accès au cloud où sont stockées les données de la classe.

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Est-ce la préfiguration de l’école de demain ?

Pour HP, il s’agit d’amender les collectivités vers la transformation des espaces avec TBI, vidéo projecteur, impression 3D, robotique. Les collectivités commencent à intégrer ces nouveaux schémas dans la conception de écoles.

A Dijon on se félicite d’avoir les moyens d’un apprentissage global qui dépasse la salle de classe et permet une communication à grande échelle, entre établissements, avec l'étranger etc. « L'école doit désormais apprendre à apprendre ».

A Serris on met en avant la créativité, la lecture, l’écriture : " Google aps est une cathédrale très complexe qui va se complexifier encore ". Il est nécessaire d’exposer les enfants à la plus grande variété possible de savoirs numériques.

Communication, échanges, travail collaboratif en ligne : des enseignants et des élèves témoignent

Jean Louis Schaff, consultant et formateur, témoigne de l’écosystème Chrome.

" Un directeur d'école remarque : c'est la première fois qu'on a un truc qui marche. Il n’y a pas de virus, les productions d’élèves et d’enseignants sont sauvegardées en temps réel et réutilisables sur les Smartphones. Cet environnement est fait pour la coopération, ce système permet de résoudre les questions que l'on ne savait pas résoudre. Les départements aujourd'hui ont du mal avec ce qu'on déploie : il faut de la bande passante avec un coût très élevé. Il va falloir réduire fortement cette complexité : oui avec le système cloud. Le numérique éducatif à une chance de rejoindre les gamins dans le cloud avec l'écosystème Google. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un enfant a une encyclopédie dans la poche ou qu'il peut écrire un sms à un cosmonaute. "

Thomas Dupuy enseignant au Mans est responsable du projet Chromebook pour l'ensemble de l'établissement, un collège, avec un équipement un-pou-un livre son expérience :

" Les outils Chrome permettent de créer des liens et des collaborations, des partages. On dépasse le cours de simple reproduction en classe. Notre objectif n'est pas la classe inversée, mais de donner des outils avec Classroom qui est l'un des outils de la suite Google. Cela rend les enseignants plus libres. Ils commencent alors à produire leur propre manuel partagé sur Classroom. Une visioconférence ou chat se met aussi en place avec Gsuite."

La démonstration est immédiate grâce à la visioconférence qui se déroule en direct avec Rayane, un élève du collège.

" Les échanges sont directs et faciles avec les professeurs, nous accédons aux devoirs à faire, on fait plus vite les exercices avec chromebook. Classroom est un site pour les professeurs. Les élèves peuvent chater avec le professeur ou d’autres élèves Utilisation du chat dans plusieurs groupes tels que soutien français, en EPS, en histoire etc. Elèves et professeurs apportent les réponses aux questions que nous nous posons, surtout les élèves. Le Chromebook peut être fermé automatiquement à distance. Le professeur confirme : " Avec n'importe quel Chrome Book, je retrouve instantanément mes outils et mes solutions. Les données et applications sont corrélées du terminal. Tous les membres de la communauté éducative sont intégrés. Google suite est plastique et peut s'adapter à tous les besoins : chat avec les familles, les élèves, les professeurs."

Toujours en visioconférence, Erwan témoigne de chez lui.

" C'est plus pratique, on peut toujours demander aux professeurs avec le chat, ou prendre les documents sur Classroom si on oublie notre cahier ou autre. On a des sondages en direct et rapidement durant la classe et les résultats sont connus. Un élève a pris l'initiative de créer un sondage. Cette possibilité crée une meilleure relation entre élèves, grâce à la communication et à l’entraide. Cela fait une classe assez soudée. "

Durant cette visioconférence, deux élèves et un professeur sont en ligne en même temps : on peut voir 25 connexions simultanées.

Le professeur souligne aussi l’intérêt pour une élève qui a des besoins particuliers et ne peut pas se déplacer dans toutes les salles de classe. Un élève en butte à des difficultés d'attention et de concentration, grâce au Chromebook a pu réagir et produire différemment : il progresse.

Quelles applications ?

D’abord l’école directe (par exemple voir ma moyenne) et le Chat. En classe on utilise Google doc et le Drive. On a fait des oraux d'orientation : chacun a fait un diaporama avec slide qui s'enregistre directement sur Google. On peut aussi " caster " le diaporama en le partageant et en projetant son écran sur le vidéoprojecteur de la classe.

Il n’y a pas de problème de sécurité. Et comme l'outil fonctionne bien, il y a une confiance qui s'installe pour les professeurs. En effet, les collègues prennent des risques en modifiant leurs pratiques pédagogiques : mais il faut que ça marche. La collaboration est plus facile : j'ai vu des prises de notes partagées avec des rôles différents pour les élèves. Et on peut continuer sur le Smartphone ce qu'on a commencé en classe. On aimerait voir un établissement plongé dans ce système pendant 5 ans. Tout se transforme en introduisant plus de confiance, de collaboration, d’autonomie, de mobilité et de nomadisme.

Chromebook représente aujourd’hui un achat sur deux aux USA. Très utilisé aussi au Canada, en Espagne, dans les pays du Nord. Il s’agit à l’évidence d’une étape importante dans l’évolution des produits dont peuvent bénéficier les enseignants, les élèves et leurs familles, à condition que les collectivités disposent des débits nécessaires en termes de réseaux et de wifi. Une affaire à suivre, assurément.

Les protagonistes de cette opération expriment leur témoignage dans cette vidéo :

 


[1] Le Chromebook est le nom donné par Google aux ordinateurs portables fonctionnant sous le système d’exploitation Chrome OS. Ces appareils sont destinés principalement à exécuter différentes tâches via l'utilisation du navigateur web Google Chrome, la plupart des applications et de leurs données résidant dans le « cloud » plutôt que sur l'appareil lui-même. C'est la raison pour laquelle les Chromebooks incluent généralement un espace de stockage local beaucoup plus petit que les ordinateurs portables habituels, pour la même raison leur puissance de calcul est elle aussi généralement inférieure, ce qui n'empêche pas d'en faire des appareils suffisamment performants pour un grand nombre de tâches grâce à leurs mémoire flash (pas de disque dur). Ref : Wikipedia

Dernière modification le mardi, 11 juin 2019
Pérez Michel

Président national de l'An@é. Inspecteur général honoraire de l’éducation nationale (spécialiste en langues vivantes). Ancien conseiller Tice du recteur de Bordeaux, auteur de nombreux articles et rapports sur les usages pédagogiques du numérique et sur la place des outils numériques dans la politique éducative.

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