École ensemble
L’École Ensemble au Québec est un organisme citoyen, un groupe de réflexion et d’action, un mouvement pour la qualité de l’éducation. École Ensemble a été fondé pour promouvoir :
- Une école publique forte
- Plus d’équité entre les élèves
- Une réflexion critique sur le financement des écoles privées
Même si elle semble fonctionner comme une association dans son fonctionnement interne, son statut officiel est celui organisme à but non lucratif (OBNL) et non simplement une association informelle.
https://www.ecoleensemble.com/notre_mouvement
Pour mieux comprendre leur vision et leurs actions, vous pouvez consulter ce document qui explique leur démarche. : https://www.ecoleensemble.com/notre_cause
Système scolaire à trois vitesses
L’expression « système scolaire à trois vitesses » renvoie à une structuration du parcours éducatif en trois grandes voies distinctes.
On y retrouve d’abord les écoles privées, généralement subventionnées et caractérisées par des mécanismes de sélection à l’entrée.
Viennent ensuite les programmes particuliers offerts dans le réseau public — programmes enrichis, concentrations ou parcours internationaux — qui, bien qu’intégrés au système public, introduisent eux aussi certaines formes de différenciation entre les élèves.
Enfin, le parcours régulier de l’école publique accueille la majorité des élèves, souvent sans sélection préalable, et se trouve, de fait, à composer avec une plus grande diversité de profils et de besoins.
Dans le contexte québécois, des groupes comme École Ensemble utilisent cette expression pour critiquer les écarts d’accès et leurs effets sur l’équité :
Le système scolaire du Québec est injuste. Soumises à une logique de marché, les écoles se concurrencent pour obtenir les élèves les plus payants en matière de revenus et de résultats scolaires. Il en résulte un système d’éducation inefficace et inéquitable. Nous devons agir pour que les élèves du Québec apprennent ensemble, quelle que soit leur origine socio-économique (École ensemble).
Réinventer l’école au Québec
Le mouvement École ensemble propose de réinventer l'école au Québec en créant un réseau scolaire commun, public et sans frais de scolarité, pour mettre fin à la ségrégation causée par le système à trois vitesses (privé, public sélectif, public régulier). L'objectif est d'assurer l'égalité des chances, la mixité sociale et la gratuité des parcours particuliers.
À cette fin, le Plan https://www.ecoleensemble.com/reseaucommun. propose la création d’un réseau commun qui mettra à l’abri du marché scolaire les écoles publiques et les écoles privées
La proposition de École ensemble s’inscrit dans une volonté de transformation en profondeur du système scolaire québécois afin de le rendre plus équitable, plus cohérent et davantage ancré dans sa mission sociale. Elle repose d’abord sur la mise en place d’un véritable réseau scolaire commun, où les établissements publics et les écoles privées subventionnées seraient progressivement réunis au sein d’un même cadre. Dans ce modèle, chaque école s’ancrerait pleinement dans son quartier en accueillant les élèves de son bassin naturel. Une telle organisation favoriserait un fort sentiment d’appartenance, contribuerait à la stabilité des communautés éducatives et mettrait fin à la logique de concurrence entre les établissements.
Au cœur de cette proposition se trouve également le principe de gratuité totale. Il ne s’agit pas seulement d’éliminer les frais de scolarité, mais aussi de rendre accessibles à tous les élèves les programmes particuliers, souvent associés à des coûts supplémentaires. En retirant ces barrières financières, on cherche à garantir que chaque enfant, peu importe la situation économique de sa famille, puisse bénéficier des mêmes opportunités éducatives, sans distinction ni privilège.
Dans cette logique, la proposition entend aussi mettre fin à ce qui est souvent décrit comme un « marché scolaire ». Actuellement, certains mécanismes de sélection — qu’il s’agisse de tests d’admission, de critères de performance académique ou d’autres formes de tri — contribuent à créer des parcours différenciés et hiérarchisés entre les élèves. En abolissant ces pratiques, l’objectif est de redonner à l’école sa vocation première : accueillir tous les élèves et soutenir la réussite de chacun, plutôt que de sélectionner ou de classer.
Cette transformation vise directement à favoriser une plus grande mixité sociale. En rassemblant dans les mêmes écoles des enfants issus de milieux variés, l’école devient un véritable lieu de rencontre, d’apprentissage du vivre-ensemble et de compréhension des réalités diverses. Cette mixité est perçue non seulement comme un levier d’équité, mais aussi comme une richesse pédagogique et humaine, contribuant à former des citoyens ouverts, solidaires et engagés.
Enfin, au-delà des mesures structurelles, la proposition porte une vision plus large de l’éducation. Elle invite à repenser le rôle de l’école comme un bien commun, au service de la société dans son ensemble. En misant sur la coopération plutôt que sur la compétition, sur l’inclusion plutôt que sur la sélection, et sur la solidarité plutôt que sur la logique de marché, École ensemble propose un modèle éducatif qui cherche à renforcer à la fois la réussite individuelle et la cohésion sociale.
La transition entre le système actuel et le réseau commun se fera graduellement sur six ans. Les accréditations syndicales des écoles privées actuelles seront maintenues.
Leur proposition ne laisse pas indifférent. Voici le lien vers un article de Radio Canada :
Réinventer l’école au Québec : une solution pour mettre fin à l’école à trois vitesses
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2219470/ecole-ensemble-reforme-education
Quelques commentaires
États généraux
École ensemble propose la tenue d’États généraux afin de débattre de sa proposition. Pour ma part, après avoir participé à quelques reprises à ce type de rencontres dites démocratiques, je demeure sceptique quant à leur portée réelle.
Réunis de manière aléatoire autour d’une table, nous devions discuter d’un aspect précis de la proposition. Nos échanges nous avaient permis d’atteindre un certain consensus. Peu à peu, une personne de notre groupe a pris une position de leadership et a proposé de porter notre parole lors de la mise en commun des réflexions.
Or, au moment de s’exprimer, cette personne n’a pas rendu compte fidèlement de nos discussions. Elle a plutôt présenté des idées qui semblaient refléter un point de vue personnel ou celui d’un groupe qu’elle représentait de façon informelle. Cette expérience s’est révélée profondément décevante et a soulevé, pour moi, des questions sur les limites de ce type de processus participatif.
Exemple finlandais
École ensemble propose de faire au Québec ce que la Finlande a réussi : une école commune, équitable et non compétitive. Je propose d’y ajouter les repas scolaires gratuits tout comme c’est le cas en Finlande. Fournir des repas aux élèves à l’école a des effets directs, profonds et durables sur la santé de toute la population. Ce n’est pas seulement une mesure sociale : c’est une politique de santé publique structurante.
Offrir de bons repas à l’école aide les enfants à grandir en santé, à mieux apprendre et à développer de bonnes habitudes alimentaires. Tous les enfants y trouvent leur compte, ce qui réduit les inégalités et prévient les maladies. Bien manger améliore aussi l’humeur, la concentration et le lien entre élèves, tout en réduisant le stress et le décrochage scolaire.
Quand les repas utilisent des aliments locaux et biologiques, ils reconnectent les enfants à la nature et leur apprennent à apprécier des produits sains et durables. Ces habitudes se transmettent souvent à l’âge adulte et influencent la santé de toute la société.
École vivante
Préparer les jeunes à vivre sainement dans un monde de plus en plus dominé par les technologies numériques et l’intelligence artificielle doit être un élément central lorsqu’on réfléchit à la transformation du système scolaire. Pour rétablir l’équilibre et souligner l’importance du vivant sur notre planète, il est essentiel d’aider les enfants à se percevoir avant tout comme des êtres vivants, avec un corps, des sensations et une vie propre, et non comme des entités technologiques.
Cela implique de créer une école elle-même vivante, un lieu qui reflète et nourrit la vie. Une telle école pourrait avoir, par exemple, les caractéristiques suivantes :
- Une école “vivante” est un lieu qui incarne la vie et le lien au vivant dans toutes ses dimensions. Les enfants y apprennent en bougeant, en manipulant et en expérimentant, et non pas uniquement assis devant un tableau. Le corps y est reconnu comme un véritable outil de connaissance et de relation.
- La connexion à la nature est au cœur de l’école : des espaces verts, des jardins et des ateliers extérieurs permettent aux enfants de découvrir, observer et respecter le vivant. Les repas scolaires intègrent autant que possible des produits locaux et biologiques, reliant ainsi alimentation et écosystèmes.
- L’apprentissage y est coopératif et inclusif. Les projets favorisent la créativité, le partage et la collaboration plutôt que la compétition. Les élèves apprennent à écouter, à aider et à travailler ensemble, développant ainsi des compétences sociales et émotionnelles.
- L’école rassemble des enfants de tous horizons, offrant une mixité sociale réelle qui réduit les inégalités et enrichit l’expérience de chacun. Les apprentissages sont concrets, interdisciplinaires et liés au monde réel : les enfants explorent, testent, posent des questions et développent une vision globale des systèmes vivants et sociaux.
- Le bien-être et la santé sont intégrés à tous les niveaux : repas équilibrés, activité physique, soutien émotionnel et respect du rythme de chacun contribuent à une santé physique et mentale optimale.
- L’école valorise également la singularité et la diversité des talents et des passions. La réussite n’y est pas seulement mesurée par les notes, mais par la capacité des enfants à s’épanouir, à comprendre et à interagir avec le monde vivant.
Une école “vivante” serait un lieu qui incarne la vie et le lien au vivant dans toutes ses horizons, réduisant les inégalités et enrichissant les expériences de chacun. Une telle école permettrait aux enfants de se sentir pleinement vivants, d’acquérir des connaissances et des compétences adaptées à notre époque, tout en restant profondément connectés à la planète et aux autres êtres vivants.
Si on l’organisait autour de la qualité du lien au vivant ?
Cela changerait profondément notre approche de l’éducation :
- Les critères de “réussite” ne seraient plus seulement les notes, mais aussi la capacité à collaborer, à créer et à s’engager dans le monde réel ;
- Le corps et la nature retrouveraient une place centrale dans l’apprentissage, plutôt que d’être accessoires ;
- La manière d’apprendre deviendrait plus incarnée, concrète et interconnectée, adaptée aux sociétés actuelles.
Dernière modification le lundi, 23 mars 2026Il y a cinquante ans, nos sociétés avaient surtout besoin d’intellectuels spécialisés. Aujourd’hui, ce sont les personnes capables d’avoir une vision globale, de relier connaissances et monde concret, et de comprendre les systèmes vivants et sociaux, qui sont essentielles. Une école centrée sur le lien au vivant prépare les enfants à ces nouveaux défis.
