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Martial Gavaland, professeur de sciences physiques, pratique la classe inversée avec sa classe de Terminale du Lycée La Colinière de Nantes. Article initialement publié sur le site de l'agence des Usages.



L'origine du projet

La naissance du projet provient d’une question récurrente : comment rendre efficace le travail personnel de chaque élève ?
Ce constat m’est apparu devant le faible taux de réussite sur des exercices d’application à la maison.
Il s’agit de passer d’une pédagogie de l’application à une pédagogie de l’implication. 
L’outil numérique, démocratisé, accessible, est un facilitateur de cette pédagogie dite de la classe inversée. 

Le déroulement de l'activité

Idée générale : combiner une pédagogie de classe inversée en s’appuyant sur les outils numériques. Ce concept associe plusieurs phases combinables selon le degré de maîtrise :

  • classe inversée uniquement (nécessite des cours en ligne, pouvant éventuellement provenir du professeur lui-même par des capsules vidéos, des diaporamas, des simulations…) ;
  • pédagogie de projet uniquement (nécessite de créer une situation réelle déclenchante) ;
  • progression individuelle (nécessite des cours en ligne, une planification du cycle d’apprentissage et un système de suivi et de notation). Par exemple, l’élève indique au professeur quand il se sent prêt à passer un examen écrit ou oral sur le sujet : évaluation en ligne, individuelle, droit de refaire…

Dans toutes ces phases, l’outil numérique est un support pour diversifier les pratiques, les productions, faciliter les échanges, différencier et réguler les apprentissages de chaque élève.
Les utilisateurs (élèves) deviennent producteurs, ils partagent, proposent des ressources, ajoutent, trient les informations… il y a horizontalité du partage. Cette approche dynamique permet aux élèves d’explorer des problématiques du monde réel. Les intérêts sont nombreux : développement de la culture générale et de compétences importantes (communication, coopération, réflexion, créativité…), plus grande motivation à apprendre, meilleure rétention d’informations, meilleure compréhension, etc. Ce concept peut s’utiliser dans n’importe quelle configuration pédagogique, mais une classe inversée aura beaucoup plus de temps à consacrer à des projets qu’une classe traditionnelle. 

 Les aspects techniques

95 % des élèves disposent d’une connexion internet personnel, 90 % de smartphones. Le lycée est suffisamment équipé pour permettre à chaque élève d’accéder aux informations mise en ligne, à une plateforme collaborative institutionnelle, à des logiciels de travail (Open Office, enregistrements sonores) sur une durée suffisante. Certaines activités sont effectuées par groupe pour faciliter la faisabilité. 

Les apports du numérique

Mon analyse relève des évidences convaincantes du fait que les technologies de l’information peuvent augmenter l’apprentissage quand la pédagogie est de bonne qualité et qu’il y a une bonne concordance entre les outils, les méthodes et les objectifs. 
Attention toutefois à une externalisation abusive des savoirs et aux interactions essentiellement à distance. Il faut redonner du sens à la présence de l’enseignant en classe. L’enseignant contrôle le triptyque « Informations – Activités – Productions » en alternant phase de régulation en classe et évaluation externe du travail personnel ou collaboratif.
L’amélioration des apprentissages est évidente car la combinaison d’une pédagogie active, autour d’un projet, avec les possibilités d’outils numériques divers permet à chaque élève de répondre aux objectifs à son rythme. L’élève est impliqué. Il a été responsabilisé dans son travail. 

Les compétences mises en œuvre

S’informer : trier les informations, extraire, synthétiser, choisir.
Réaliser : récit vidéo, d’images, de sons, exposés avec quelques diapositives.
Valider : S’autoévaluer – critiquer – remédier.
Communiquer : différencier les supports de communication : oral (bande son), vidéo, exposé de présentation.
Autonomie : travail en équipe, collaborer, s’écouter. 
Être autonome dans son travail : savoir l’organiser, le planifier, l’anticiper, rechercher et sélectionner des informations utiles, développer l’initiative.

Martial Gavaland

Article paru sur le site : http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/temoignages/une-classe-inversee-a-l-ere-du-numerique-1270.htm

Dernière modification le vendredi, 20 mai 2016
Agence usages TICE

L’Agence nationale des usages des TICE accompagne la politique de développement de l’usage des technologies éducatives en concentrant son action sur les priorités nationales.

C’est un service du ministère de l’éducation nationale mis en œuvre par le Centre national de documentation pédagogique.

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