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Article initialement publié sur le blog Parents 3.0 : http://parents3point0.com/icones-web-charlie/

Chers parents,
Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai encore un peu de mal à y voir clair. Depuis cinq jours, nous sommes bombardés d’infos, nous vivons des événements extra-ordinaires, au sens propre du terme, et notre entendement – le mien en tous cas – y laisse des plumes.

Il y aurait tant à dire, à écrire, sur ce qui se passe, sur les bouleversements, sur la manière dont nous les percevons, sur cette absence terrible de filtres dans notre accès à l’actualité. Et quand je dis « nous », j’inclus malheureusement les enfants. Ce que je pressens dans le brouillard qui se dissipe à peine ne me rassure guère. Pourtant, j’ai un besoin vital, pour moi, pour mes enfants, de faire le tri. De poser. D’élaguer. D’assembler les morceaux. De remonter le fil. De comprendre. Alors c’est ce que je tente de faire.

Je passe énormément de temps, comme beaucoup depuis le 7 janvier, sur les réseaux sociaux. Pour m’informer, mais aussi pour partager certaines émotions, sans parler de mes questionnements. En quelques heures, des images, des mots, sont apparus sur les réseaux et ont créé du lien. Ils ont été partagés jusqu’à plus soif par les internautes en quête de repères, et sont devenus spontanément des symboles des attentats. Jusqu’à en oublier parfois leur origine, leur auteur. J’ai sélectionné cinq images ou tweets qui incarnent à leur manière les jours terribles que nous venons de vivre. Et je suis remontée à la source, à l’auteur, simplement pour permettre de comprendre le contexte dans lequel ils ont été créés, puis diffusés. C’est ma manière à moi de mettre de l’ordre dans ce qui vient de se passer.

Ces symboles, qui resteront pour certains à la postérité, ont déjà une valeur historique. « Je suis Charlie » est de ceux-là. Imaginé dans la foulée de la fusillade à Charlie Hebdo (moins d’une demi-heure après) par Joachim Roncin, un graphiste, le logo est devenu l’emblème de l’union nationale contre le terrorisme. Le tweet initial a été retweeté plus de 3000 fois, avant que le dessin ne continue de vivre sa vie de manière autonome, conformément aux souhaits de l’auteur.

De nombreux internautes, pour manifester leur soutien à la liberté d’expression, ont troqué leur avatar pour un dessin représentant la victoire du crayon sur les armes. Souvent attribué à l’artiste Banksy, ce dessin, qui fait le tour du Web, semble en fait dû à l’illustratrice Lucille Clerc, qui l’a publié sur son compte Instagram, avant de le tweeter, et d’être partagé plus de 14 000 fois.

Le 11 janvier restera dans toutes les mémoires comme le jour où la France s’est retrouvée, debout face à l’obscurantisme. Près de quatre millions de Français ont défilé partout dans le pays, et si de nombreuses photos ont circulé, l’une d’elle a cristallisé nos regards et s’est retrouvée à la une de nombreux sites, sans que l’on sache parfois qui l’avait prise. Elle fait aujourd’hui la une du Monde papier, et est due au photographe Martin Argyroglo.

Sa chanson, sur l’air d’Hexagone de Renaud, lui a valu de passer en direct sur France 2 lors de la soirée spéciale du 11 janvier : connu sous le nom de JB Bullet, l’auteur de « Si tu te demandes où est Charlie, à jamais dans nos esprits » a d’abord posté sur Youtube sa vidéo, en précisant « Suite à vos demandes je mets cette vidéo sur YouTube. Je n’ai pas l’habitude de faire des chansons engagées, au contraire même, d’habitude mes vidéos sont d’ordinaire très « légères », mais cet événement m’a pris au tripes… et j’ai donc écrit cette chanson sur un air de Renaud, le soir même, devant ces images choquantes à la télévision. » Sa vidéo a déjà été vue plus de 2 millions de fois.

 

Enfin, parce que finalement, le rire est le propre de l’homme, et parce que je suis une fervente adepte de l’humour comme arme suprême contre la bêtise et la terreur, je ne pouvais pas ne pas mentionner ce tweet, sûrement l’un des plus plagiés du moment, justement, peut-être, parce qu’il permet de prendre un peu de distance avec les événements dramatiques que nous avons vécus. Rendons, donc, à @DHaineC, qui se présente sur sa bio Twitter comme le « fils spirituel de Clémenceau », la paternité de cette blague.

 

Dernière modification le samedi, 14 février 2015
Bee Laurence

Journaliste, observatrice des usages numériques générationnels, créatrice des sites Parents 3.0Ados 3.0 et Seniors 3.0. Auteur, conférencière et formatrice.

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