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Je rencontre de plus en plus fréquemment des enseignants - comme Amélie MARIOTTAT qui pratiquent ou s'essaient à pratiquer une des multiples formes de la Pédagogie de la Classe inversée. Ils sont tous portés par la passion de leur métier et la recherche de solutions pour faire réussir tous leurs élèves tout en s'épanouissant dans leur profession. Et tous répètent à l'unisson : "nous y avons goûté, nous ne reviendrons pas en arrière".

Ces enseignants chercheurs, créateurs de scénarisations adaptées à leurs publics innovent en s'inspirant de ce que découvrent ou expérimentent d'autres enseignants. Ils partagent des ressources, des idées, des pistes de réflexion, des lectures et enrichissent leurs propres pratiques de celles de leurs pairs.
Le Web, les réseaux sociaux et plus généralement les outils du Numérique facilitent partages et échanges pour alimenter une véritable intelligence collective.

Mais ils sont également nombreux à partager en ouvrant leurs classes aux collègues désireux de s'informer comme ce fut le cas lors de la semaine de la classe inversée- la CLISE 2016 - ou en présentant leurs expériences lors des colloques organisées par l'institution scolaire, les collectivités locales ou les entreprises. Les rencontres de l'Orme , les Netjournees, Ludovia, les Boussoles du Numérique, Educatice, Eidos64....deviennent ainsi des lieux de partages d'expérience et d'enrichissement réciproque.

Mettre les apprenants dans des situations pédagogiques où ils sont acteurs de leurs apprentissages inspire tout autant les formateurs de personnels enseignants ou d'encadrement. Il est vrai que de tout temps «les réunions pédagogiques » se sont inspirées des méthodes très traditionnelles et frontales où un « expert » devant une assistance silencieuse et studieuse- mais parfois endormie- distribue un savoir qui lui confère sa légitimité ! Seule concession aux « technologies de la communication », un power point , des « images », des « camenberts » ou autres graphismes qui malgré tout donnent à la « conférence » une note plus égayée et captivante. Mais est-ce de la formation ?

Il en est aujourd'hui qui pour faire d'avantage participer les personnels en formation s'inspirent de la pédagogie de la classe inversée en distribuant en amont de la réunion des documents de travail – textes, vidéos, études, questions – qui permettent en séance de développer des activités moins frontales et plus participatives où le partage entre pairs avec le concours du formateur contribue à une meilleure appropriation des savoirs.

C'est le choix qui a été retenu par Marie SOULIE professeure de français au collège Daniel Argote d'ORTHEZ dans les Pyrénées Atlantiques, lors du forum des pratiques numériques en Education à Bayonne. Eidos 64 est une journée organisée par le Département des Pyrénées-Atlantiques, en partenariat avec l'Education nationale, afin de favoriser les échanges et les partages entre les chercheurs et les enseignants de terrain, entre des enseignants de tous les niveaux, de la maternelle au supérieur, entre les enseignants du département et ceux d'ailleurs dans l'académie, en France ou en Europe.

Marie SOULIE a proposé aux participants de son atelier une présentation " en inversée" de la pédagogie de la classe inversée : "vous êtes professeur dans un collège ; vous accueillez une stagiaire de l'ESPE qui vous demande ce qu'est une classe inversée. Comment se documenter ?"
Une capsule pour « mettre en bouche », qui donne à voir et qui n'explique pas. Et l'on se met au travail en plusieurs groupes. Au final les stagiaires ont réalisé cette tâche complexe et ont proposé des cartes heuristiques qui présentent les fondements de la classe inversée.

Marie SOULIE, qui s'est inspirée des travaux menés par l'enseignante québécoise Annick Arsenault CARTER, lauréate du prix Enseignante de l'Année 2014 de l'AEFNB, pratique depuis quatre ans cette méthode avec ses élèves de Collège et a le recul nécessaire pour en voir les plus-values et les freins.
Mais le numérique est-il nécessaire ?
Et les parents ?
Qu'est-ce qu'un chef d'œuvre ?

« Cette méthode parle aux élèves en difficulté », dit elle. Mais qu'en est-il des autres ?

Dans cet entretien réalisé à Bayonne Marie SOULIE parle avec enthousiasme de son métier, de ses classes, de ses élèves.
Le regard pétillant du plaisir de travailler près des élèves « dans ce côte à côte qui me (lui) plait beaucoup » révèle le secret profond de la méthode : elle rend les enseignants heureux de faire réussir leurs élèves.

Claude TRAN
Vice-Président de l'An@é

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Dernière modification le lundi, 23 mai 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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