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Il fut un temps où les réunions pédagogiques étaient toutes organisées par l'Institution scolaire qui par ce moyen assurait une formation continue des personnels enseignants. Une méthode top down garante d'une uniformité du discours et de la méthode qui s'assurait en priorité de mettre en adéquation les pratiques du terrain à des objectifs nationaux.

Certes, ces formations essentiellement disciplinaires relevaient plus des didactiques spécifiques que de la culture ou de l'épistémologie des pédagogies. Afin de mieux répondre aux attentes et surtout aux besoins des équipes pédagogiques que l'on invitait dans le cadre de l'autonomie de l'EPLE à élaborer un projet d'établissement, des formations d'équipes ont permis plus tard de mieux répondre aux attentes des acteurs. 

En quelques années cette situation a profondément évolué.

D'une part les collectivités territoriales que les différentes lois de décentralisation ont impliquées dans l'organisation et surtout le financement de l'Education se sont progressivement investies dans ce champ en fort interdépendance avec l'aménagement et la vie des territoires. Refusant d'être de simple « financeurs » les collectivités sont devenues aujourd'hui de véritables partenaires de l'Etat face à des établissements régies par une vraie double tutelle.
Il s'agit donc pour elles de participer à la réflexion de nature pédagogique qui sous tend les investissements qu'elles doivent réaliser pour l'Ecole .

D'autre part l'intrusion du numérique dans la société et les territoires et plus spécifiquement dans l'éducation interroge bien évidemment les élus locaux des conseils municipaux, départementaux et régionaux sur la nature et la pérennité des investissements à mettre en œuvre .

Comment imaginer l'école ( les murs et les matériels ) a construire pour un demain qui est déjà là, sans une bonne appréhension des nouvelles pédagogies que l'Ecole ( l'institution scolaire) élabore avec ses personnels et ses usagers ?

Le partenariat est donc de règle en particulier au travers d'un Projet éducatif territorial qui fixe les orientations stratégiques communes à l'Etat et à la collectivité et structure l'offre éducative.

On assiste ainsi à de nouvelles formes d'actions d'information réciproque menées conjointement avec des formules qui relèvent davantage du bottom up que du top down. Car aujourd'hui le " savoir " est tout autour de nous et en particulier chez ces « makers » qui expérimentent ici et là matériels ou méthodes et qui s'enrichissent du partage . « Emprunter » une idée ici c'est aussi enrichir le collectif et chacun peut s'appuyer sur l'intelligence collective ainsi créée.

Ils apparaissent dans le champ de l'Education ; ce sont les "school makers" qui pratiquent et valorisent l'invention, la créativité et l'ingéniosité. En montrant ce qu'ils font et en partageant ce qu'ils ont appris avec les autres, ils constituent un vrai challenge pour toute la communauté éducative.

L'échange de pratiques permet cet enrichissement individuel et bien sûr collectif.

Avec sa huitième édition d'EIDOS64, le département des Pyrénées Atlantiques a sur ce sujet une réelle longueur d'avance.
Ce forum des pratiques numériques pour l'éducation, est une journée qu'il organise, en partenariat avec l'Education nationale, afin de favoriser les échanges et les partages entre les chercheurs et les enseignants de terrain, entre des enseignants de tous les niveaux, de la maternelle au supérieur, entre les enseignants du département et ceux d'ailleurs dans l'académie, en France ou en Europe. Une autre spécificité de cette manifestation, qui découle de cette variété de participants et de cette volonté d'échange, est l'hétérogénéité des intervenants : aussi bien l'expert reconnu au niveau national ou européen que l'enseignant du département qui vient rendre compte de sa pratique de classe quotidienne.

Parmi les experts internationaux reconnus, Milad DOUEIHI, Titulaire de la chaire d'Humanisme numérique à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV), auteur de nombreux ouvrages sur l'évolution de la société avec le numérique et Louise TOURRET, journaliste, animatrice et productrice de l'émission « Rue des écoles » sur France culture. Mais également Franck AMADIEU, Maître de conférences, chercheur au Laboratoire CLLE de l'Université Toulouse Jean Jaurès. (dont je publierai les interviews)
Parmi les « faiseurs » de terrain plusieurs dizaines d'enseignants, personnels d'encadrement, formateurs, chefs d'entreprise...qui ont partagé avec un public très motivé leurs pratiques, leurs questionnements, leurs solutions ...

Parmi les quelques 700 participants j'ai souhaité donner la parole à une jeune professeure rencontrée quelques heures plus tôt dans le TGV qui « descendait » à Bayonne où se tenait le forum EIDOS64.
Amèlie MARIOTTAT enseigne le français au collège de Piégut Pluviers en Dordogne. Collège rural, « les Marches de l'Occitanie » est en REP et ne compte que 152 élèves.

Avec deux divisions par niveau cela permet d'avoir des effectifs par classe en moyenne inférieurs à 20 élèves et de donner au collège les moyens de combler un certain déficit culturel .
Est-ce cette situation particulière de l'établissement qui a conduit l'enseignante à rechercher des démarches pédagogiques innovantes ?

Comment s'est construite cette recherche ?
Comment s'est imposée la pédagogie de la classe inversée ?
Le numérique est-il un outil facilitateur ?

Cela change-t-il les méthodes d'évaluation?
Pourquoi mettre en œuvre des projets pluridisciplinaires ?
Pourquoi faire réaliser des capsules aux élèves ?
Et les résultats ?

Amélie MARIOTTAT se prête avec beaucoup de simplicité au jeu des questions dans cet entretien. Mais ce que je retiens avant tout c'est l'énergie que déploie ce professeur qui donne le sentiment d'être avec ses collègues une enseignante heureuse d'enseigner pour faire réussir ses élèves. Le chef d'établissement qui les soutient et les accompagne participe de ce plaisir d'enseigner.

Ils enseignent certes, et les élèves apprennent !

Claude TRAN

Vice Président de l'An@é - Educavox

Dernière modification le jeudi, 01 septembre 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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