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" Toute coopération humaine à grande échelle […] s’enracine dans des mythes communs qui n’existent que dans l’imagination collective. […] La capacité de créer une réalité imaginaire à partir de mots a permis à un grand nombre d’inconnus de coopérer efficacement. Mais elle a fait plus. La coopération humaine à grande échelle reposant sur des mythes, il est possible de changer les formes de coopération en changeant les mythes, en racontant des histoires différentes. " [1]

Il était une fois vingt-quatre élèves français âgés de 10 ans

Nina, Alassane, Sandro, Manon, Laly, Idriss, Mohamed, Marco, Sara, Douae, Kylian, Chloé, Matio, Emmy, Lola, Tristan, Titouan, Matéo, Shéryl, Thalia, Rébéca, Jasmine, Mathys, Roxane trouvaient qu’il était injuste que certaines personnes ne puissent pas se nourrir correctement et souhaitaient proposer une solution. Dans leur ville, ils réalisèrent un potager partagé par plusieurs familles afin qu’elles puissent cultiver leurs propres légumes.

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Il était une fois Jaafar, un jeune élève jordanien âgé de 9 ans qui trouvait que les grandes entreprises de son pays ne soutenaient pas assez les communautés.

Après de nombreuses rencontres, il fit instaurer, par contrat, un jour national pendant lequel les employés de ces grandes entreprises auraient la possibilité de s’investir dans les associations locales.

Il était une fois des élèves américains âgés de 12 ans qui avaient perdu un ami.

Dans l’Idaho, le suicide des adolescents est un problème majeur. Après avoir identifié certaines causes psychologiques, ils décidèrent de mener une campagne de prévention contre le suicide dans les établissements scolaires. Ils animèrent des ateliers autour de la résilience et du bien-être et propagèrent leur action dans tout le pays.

Il était une fois de jeunes élèves hong-kongais âgés de 5 ans qui trouvaient leur école un peu triste.

Ils décidèrent de la reverdir en cultivant de nombreuses plantes et en plantant de nouveaux arbres.

Il était une fois des élèves indiennes âgées de 15 ans touchées par l’affreux traitement d’une écolière dans un bidonville de leur pays.

Elles prirent conscience du manque de sécurité des filles sur le chemin de l’école. Grâce au soutien de la communauté, elles organisèrent une collecte et réussirent à mettre en place un ramassage scolaire en bus afin de les protéger.

Il était une fois des élèves palestiniens âgés de 11 ans que les chiens errants attaquaient lorsqu’ils se rendaient à l’école.

Après avoir organisé une campagne de stérilisation, ils recueillirent les chiens et mirent en place, avec la communauté, des refuges où les animaux seraient bien traités.

Il était une fois des élèves uruguayens âgés de 16 ans qui ne possédaient pas de laboratoire de sciences dans leur établissement.

Ils décidèrent de créer un laboratoire numérique en aménageant un espace avec des ordinateurs et utilisèrent une plateforme d’échanges afin de permettre aux élèves d’accéder à des expériences scientifiques.

Il était une fois des élèves portugais âgés de 10 ans qui souhaitaient participer à la vie citoyenne de la communauté.

Ils se rendirent compte du nombre d’accidents de piétons imputables à l’utilisation de leur smartphone et réalisèrent une campagne de sensibilisation. Ils décidèrent également de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Après être allés à leur rencontre et les avoir écoutées, ils entreprirent de réaliser leurs rêves.

Il était une fois des élèves singapouriens âgés de 16 ans qui observaient que l’obésité, dans leur pays, touchait de plus en plus d’enfants et d’adolescents.

Ils conçurent une application mobile afin de collecter des données et de proposer des activités physiques en conséquence. Ils reçurent le soutien du ministère de la santé de leur pays.

Il était une fois des élèves danoises âgées de 15 ans qui souhaitaient montrer que les filles pouvaient exercer n’importe quel métier dont elles rêvaient.

Elles fabriquèrent un livre constitué de témoignages authentiques de femmes exerçant des activités traditionnellement réservées aux hommes.

Il était tant d’autres fois dans tant d’autres pays, tant d’élèves investis dans des projets tournés vers les autres. Chacun d’entre eux acteur et auteur d’un monde meilleur.

Cette histoire s’est écrite à Madrid, en Espagne les 10, 11 et 12 novembre 2017 dans le cadre de la rencontre internationale du réseau Design For Change (Bâtisseurs de possibles en France), un des opérateurs de l’ONU engagé dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable définis pour 2030.

Pendant ces trois jours, les représentants enfants et adolescents de trente-et-un pays du monde étaient réunis pour partager leurs projets citoyens.

Jeunesse créative, jeunesse impliquée, jeunesse responsable.

Pourrait-elle définir un nouveau paradigme éducatif et sociétal ?

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[1] Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, Ed. Albin Michel, p 39 et p 45.

Dernière modification le samedi, 02 décembre 2017
Vacher Amélie

Professeure des écoles.

Pédagogie active, questionnement, apprentissage par la recherche, design thinking, projets.

L'école est un lieu où chacun peut s'épanouir.

 

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