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Depuis plusieurs années je manipule des Légos ( des playmobils aussi) à l’appui de mes réflexions. J’accepte volontiers que la démarche surprenne, on peut la trouver anecdotique, surprenante, drôle ou navrante mais ...
Il me semble que ce travail doit être justifié, car au-delà des exercices photographiques professionnalo / personnels publiés ex abrupto ici ou , il y a une tentative de réflexion sur le rapport entre la main et l’esprit et sur le travail en équipe.
 
La collaboration est inscrite comme mode de fonctionnement quotidien et futur, en tout cas sur le court terme nous sommes enjoints à ... Le dialogue doit être engagé dans les équipes pédagogiques sur la place du collectif, est ce simple ? Quel est le risque de la collaboration en silo (mode de travail qui consiste à ne collaborer qu’avec ses pairs, façon de maintenir le top down - Moiraud 2014) ?
 
J’essaye de développer l’idée des ateliers Légos pour sensibiliser aux principes de la collaboration, des bienfaits du travail en équipes. La main libérant la parole.
 
À titre d’illustration, si les cadres de RFF et ceux de la SNCF avaient réellement collaboré, avaient spatialisé leur projet, les trains auraient peut-être été aux normes des gabarits des gares (ou l’inverse). C’est probablement une parfaite illustration du principe de la collaboration en silo.
 
1. Justification de l’atelier

L’introduction du numérique dans les dispositifs de formation (enseignement et apprentissage) nous oblige à penser la façon dont ceux-ci seront instrumentés. Il ne s’agit pas bien évidemment de se contenter d’injecter des machines dans les dispositifs de formation. Accoler une couche technologique à la couche pédagogique, c’est au mieux alimenter un marché rentable, au pire s’égarer dans l’effet diligence.
Il faut que le projet de formation soit scénarisé en amont par l’équipe impliquée (enseignants, ingénieurs pédagogiques, équipe administrative, décideurs, informaticiens, administratifs, apprenants …)
 
Par scénarisation nous entendons la prise en compte de certains éléments incontournables :
 
• Le contexte pédagogique
• L’intention pédagogique
• Les acteurs impliqués dans le dispositif
• Les outils utilisés et les fonctionnalités qui sont instrumentées
• Les ressources qui sont produites.
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Le scénario doit être formalisé. Il doit l’être par écrit dans le cadre d’un scénario formalisé classiquement, on peut mêler diverses sources comme l’écrit, les mindmapping, des schémas, unscénoform de Jacques Rodet
 
On peut aussi chercher à organiser le projet, en organisant en complément des ateliers de réflexion collective où l’on cherche à associer la main et l’esprit. On cherche à spatialiser des concepts dans le cadre de notre réflexion.
 
Exemple lorsque l’on évoque un concept comme la collaboration et la coopération est-on sûr que les membres de l’équipe maîtrisent parfaitement ce concept ?
 
L’utilisation de Légos pour faire travailler des équipes est un acte de spatialisation conceptuelle à plusieurs titres :
 
• Spatialisation d’un concept parce ce qu’il est représenté dans un espace orthonormé ;
• Spatialisation des équipes dans un même lieu. Il me semble important d’associer les acteurs de services différents. L’enjeu est de limiter les effets de la collaboration en silo, ce qui de mon point de vue consiste à ne pas travailler en groupe de pairs. Il est important d’unir les réflexions de personnes de services, de formation, de grades différents faute de quoi la collaboration est conçue sur la base de codes et de culture communs (c’est contreproductif).
Poser un Légo à un endroit déterminé va engager à justifier ses choix (liens entre un objet et un concept) pour celui qui agit et à écouter pour les autres (on évite l’injonction systématique). La verbalisation des actions, du geste spatialisé me semble être travail fécond parce que le travail est inscrit forcément dans l’interaction d’un groupe réel.
En résumé
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2. Exemple d’atelier à mettre en œuvre
Dans les dispositifs de formation la coopération et la collaboration sont devenues des attitudes nécessaires dans les relations d’interactions humaines. Nous le lisons dans une multitude de revues, de billets de blogs, d’articles, pour autant sommes nous capables de l’absorber et de le restituer dans nos usages ?
 
Prenons une posture de formation qui consiste :
• À interroger nos connaissances théoriques du concept [voir A ) et B) ].
Cette démarche relève du savoir personnel ;
• À constituer des groupes (si possible de services différents) qui vont tenter de spatialiser un concept en instrumentant des Légos. S’éloigner des cadres habituels de réflexion obligera à se concentrer sur le sujet car tout le monde redevient à égalité dans le processus de réflexion ;
• À accepter de penser en instrumentant des outils à connotation non professionnelle. Nous sommes ici dans une démarche qui décentre les repères de la conception. Le « serious game » manuel proposé oblige à œuvrer dans deux registres simultanés contradictoires – La scénarisation fine et l’instrumentation d’objets du registre de l’enfance. (facteur de destabilisation)
• À ce que le groupe engage une discussion argumentée pour spatialiser sa thématique ;
• À obliger des groupes à dialoguer et à argumenter. Il est même conseillé de constituer les groupes avec des personnes de niveau hiérarchique différent ;
• À conserver une trace photographique de la construction.

A. Définition de la coopération
On parlera de travail ou d’apprentissage coopératif quand chaque apprenant doit participer à un travail commun, en créant ensemble quelque chose, chacun produisant une part. Un leader (un chef de projet ou un responsable d’équipe) élabore le scénario, supervise l’ensemble du projet, collecte les différentes parties produites, et si nécessaire, régule les interactions sociales qui permettent les ajustements nécessaires à la coopération. Le résultat du travail est la somme de toutes les parties réalisées. Les observations ont montré qu’un scénario coopératif pouvait marcher dans une classe et/ou à distance en utilisant les TIC, 1°, quand le professeur (ou le formateur, ou un responsable) a préalablement défini le produit attendu ; 2°, quand le professeur est capable de gérer les groupes en prenant en compte les compétences individuelles ; 3°, quand les apprenants se sentent impliqués.

 B. Définition de la collaboration
On parlera de travail ou d’apprentissage collaboratif quand les apprenants ont à résoudre un problème ou à élaborer ensemble une connaissance complexe. Il est alors impossible de définir à l’avance qui va faire quoi, combien de temps cela va prendre, quel résultat spécifique est attendu, etc. Chaque membre du groupe, impliqué dans un scénario collaboratif, doit s’engager, même s’il n’a aucune idée des coûts et/ou bénéfices qu’il en tirera pour lui. Il semble que cette stratégie fonctionne quand 1°, le groupe a des objectifs et/ou des besoins proches ; 2°, le groupe partage des valeurs communes, même implicitement. L’histoire de l’Internet au CERN, l’histoire de Linux, l’histoire de l’encyclopédie libre Wikipedia peuvent être considérés comme des exemples de travail collaboratif.
Coopérer et collaborer quels sont les contours de ces concepts, sont-ils toujours positifs, comment les incorporer dans un système numérisé qui bouscule des habitudes établies. Est-on capable, a t-on envie de coopérer avec d’autres personnes d’autres services ? (collaboration en silo)
L’instrumentent des légos peut favoriser le dialogue dans les équipes en contraignant les personnes à justifier leurs choix, en les organisant. Le travail de groupe spatialisé oblige les membres du groupe à dialoguer, à oraliser les concepts.

silo-5f14e3. L’atelier
Exemple de champ des possibles
Représenter les principes de collaboration et de collaboration avec des légos.
La place de l’écran dans une classe
La place de l’écran à son domicile
Le tuteur dans les dispositifs de formation en ligne
Dernière modification le mardi, 26 avril 2016
Moiraud Jean-Paul

Cherche à comprendre quels sont les enjeux des perturbations du temps et de l'espace dans les dispositifs de formation en ligne. J'observe comment nous allons passer du discours théorique sur les bienfaits des modes collaboratifs à l'usage réel. Entre collaboration sublimée et usages individualistes de pouvoir, quelle place pour le numérique ?
 
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